DIVERTISSEMENT
24/03/2017 06:28 EDT

«Je4n-Michel»: Jean-Michel Anctil, comme un jeune premier (PHOTOS)

La grande vivacité et le charisme de jeune premier absolument intact de l’artiste : voilà ce qui ressort le plus du spectacle.

Paméla Lajeunesse

Jean-Michel Anctil est en pleine forme. Gonflé à bloc, l’humoriste de 50 ans défile ses anecdotes dans son quatrième one man showJe4n-Michel, avec une énergie quasi dangereuse, qui frappe dès les premières minutes et nous garde captifs jusqu’à la fin de sa tirade sans entracte.

La grande vivacité et le charisme de jeune premier absolument intact de l’artiste : voilà ce qui ressort le plus du spectacle, qui a rempli le moindre millimètre du Théâtre St-Denis, à Montréal, jeudi soir. Ceux qui craignaient pour la popularité d’Anctil peuvent se rassurer : sa première était visiblement ardemment attendue, la colonie artistique s’étant déplacée en masse pour le soutenir. Y compris Véronique Cloutier et Louis Morissette – lequel est impliqué dans le projet, puisque Je4n-Michel est une production de KoScène – et Yvon Deschamps et Judi Richards. Preuve de la cote d’amour élevée du comique dans son milieu professionnel.

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De surcroît, le stand up de Jean-Michel Anctil passe encore agréablement la rampe. Ses textes inspirés de sa vie et de son quotidien sont bien tournés, avec plusieurs punchs savamment envoyés, qui atteignent la cible au parterre. Je4n-Michel est un excellent panorama, drôle et authentique, des préoccupations d’un jeune quinquagénaire, père de famille, qui constate que le temps passe en laissant des traces sur son corps et sa façon de penser. Des observations d’un homme qui a du vécu derrière, qui en a tiré des conclusions et s’en amuse avec brio.

Par exemple, une importante partie de la prestation est consacrée aux «moments parfaits», ces instants précieux dont on ne réalise pas toujours la béatitude lorsqu’ils se produisent. Comme «prendre un bain de minuit, à midi… dans la piscine du voisin». On a aussi droit au récit de son premier slow et de son premier baiser, et de son Défi Pierre Lavoie de l’an dernier, qui lui a laissé, entre autres, quelques rougeurs. Dans un monologue senti, il s’insurge de se faire traiter de «gros», et livre enfin un hilarant résumé d’un voyage en tête-à-tête avec sa fille adolescente et accro à son cellulaire.

Priscilla et Râteau

Même s’il est sûrement conscient que les nouveaux talents poussent par dizaines dans son entourage, Anctil ne se dénature pas. Au contraire, il vieillit comme un bon vin et sait miser sur ses forces. Naturellement, il s’adapte au courant en demeurant foncièrement lui-même, et c’est gagnant.

Il ne faut pas oublier qu’on a ici affaire à un doué de la blague : Jean-Michel Anctil a vendu 532 000 billets de son deuxième one man showRumeurs, au début des années 2000, ce qui constitue un record au Québec, et a eu la sagesse de se retirer ensuite de la scène pendant quelques années, avant de revenir en 2009 avec Tel quel. Le gaillard sait ce qu’il fait.

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Je4n-Michel, c’est la plupart du temps léger, mais intelligent. Simple, mais rythmé. Jamais ennuyant. Peut-être davantage adressé à la génération de sa tête d’affiche - et c’est tout à fait normal -, mais les plus jeunes y prendront aussi sûrement beaucoup de plaisir, tout simplement parce que c’est bon. Quand la qualité est au rendez-vous, nul besoin d’artifices pour être rassembleur.

Qui plus est, Anctil a trouvé une façon originale de ramener ses personnages les plus populaires en fin de piste: sa Priscilla - sans s’encombrer du costume, très ingénieux -  et son Râteau, qui a suscité l’euphorie dans l’assistance, et qui a servi de prétexte à traiter de la peur de la différence. À prime abord, on considérait que Râteau avait fait son temps et que son créateur aurait pu le mettre au rancart, mais dans le contexte, l’hésitant déficient au casque démodé a pleinement sa raison d’être.

À la mise en scène, Dominic Anctil a mis au point pour son frère une grille de douze écrans aux motifs et projections changeant au gré des sujets abordés par Jean-Michel Anctil. Sobre et de bon goût.

Même la première partie offerte par Simon Delisle est hyper divertissante. Avec un aplomb du tonnerre, le garçon au physique atypique jase de sa réalité avec une puissante autodérision, touchant au passage à son statut de nouveau papa et à la méchanceté sous différentes formes. Bref, Je4n-Michel, c’est l’assurance de passer une très chouette soirée, un vrai «moment parfait».

Jean-Michel Anctil présente encore Je4n-Michel au Théâtre St-Denis ce vendredi et samedi, 24 et 25 mars, et reviendra à Montréal en supplémentaires au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts les 13 et 14 juillet, dans le cadre du Festival Juste pour rire. Toutes les dates de sa tournée sont disponibles au www.jeanmichelanctil.com.