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22/03/2017 10:55 EDT | Actualisé 23/03/2017 07:59 EDT

L'attentat à Londres a fait trois morts, outre l'assaillant (VIDÉOS/PHOTOS)

Un homme armé d'un couteau a semé la terreur dans le coeur de Londres, mercredi, fonçant avec une voiture sur des piétons qui circulaient sur le pont de Westminster et poignardant à mort un policier qui se trouvait à l'intérieur de l'enceinte du parlement britannique.

Trois personnes ont été tuées dans l'attentat, ainsi que l'assaillant, selon un bilan révisé à la baisse, a annoncé jeudi Mark Rowley, le commandant de l'unité anti-terrorisme dans une déclaration devant Scotland Yard.

"Le bilan a été révisé à la baisse", a dit M. Rowley précisant que les victimes étaient une femme d'une quarantaine d'années, un homme d'une cinquantaine d'années et le policer de 48 ans attaqué devant l'entrée du Parlement. Le policier tué a été identifié comme étant Keith Palmer. Mercredi soir, la police avait fait état de quatre morts, outre l'assaillant.

Le suspect a été abattu par la police à quelques mètres de l'entrée du palais de Westminster, à l'ombre de la célèbre tour de Big Ben. Les parlementaires, le personnel et les visiteurs qui se trouvaient dans le parlement ont été placés en confinement une bonne partie de l'après-midi.

Le service ambulancier de Londres a indiqué avoir pris en charge 12 patients qui souffraient de blessures sérieuses et huit qui ont été moins grièvement blessés. La médecin Colleen Anderson, de l'Hôpital St-Thomas, a déclaré que certains blessés souffraient de blessures "catastrophiques".

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Le ministère français des Affaires étrangères a mentionné que trois élèves du lycée Saint-Joseph de Concarneau, situé en Bretagne, figuraient parmi les blessés. Ils étaient en voyage scolaire à Londres au moment du drame. Le gouvernement français a affrété un avion pour conduire les familles des lycéens blessés à leur chevet.

Deux Roumains ont également été blessés à Londres, a fait savoir le ministère roumain des Affaires étrangères.

Selon l'autorité portuaire de Londres, une femme a été repêchée blessée mais vivante dans la Tamise.

Scotland Yard a déclaré avoir ouvert une enquête pour terrorisme, bien que l'attaque n'ait pas été revendiquée dans l'immédiat.

Le chef de la section de lutte contre le terrorisme de la police britannique, Mark Rowley, a mentionné que la police croit connaître l'identité du suspect, qui aurait agi seul. Il a ajouté que les enquêteurs suivaient la piste de l'extrémisme islamique.

M. Rowley a annoncé que la présence policière serait accrue dans les rues de Londres au cours des prochains jours pour rassurer le public. Des centaines de policiers participent à l'enquête, a-t-il assuré.

Le niveau de menace était déjà élevé au Royaume-Uni, ce qui signifie qu'une attaque terroriste était "très probable".

La première ministre réagit

Le suspect est tombé sous les balles des policiers à un jet de pierre de l'entrée du palais de Westminster, qui était bondé de visiteurs et de groupes scolaires. Derrière l'édifice millénaire se trouve un corridor qui mène à la Chambre des communes et à la Chambre des lords.

La première ministre Theresa May se trouvait au parlement au moment de l'attaque. Elle a rapidement été prise en charge par les services de sécurité et conduite à sa résidence officielle du 10, Downing Street.

Après l'attaque, Mme May a présidé une rencontre du comité d'urgence du gouvernement. Ce comité, communément appelé Cobra, s'était notamment réuni dans la foulée de l'attaque contre le réseau de transport public de Londres le 7 juillet 2005.

Dans une déclaration diffusée en fin de soirée, Mme May a vertement condamné l'attaque. Le parlement n'a pas été ciblé au hasard, a-t-elle dit, affirmant que l'assaillant voulait défier les valeurs démocratiques qu'il représente.

Elle a assuré que "les parlementaires se réuniront jeudi matin comme d'habitude" et a demandé à ses concitoyens de continuer leurs activités habituelles.

"Nous allons avancer tous ensemble, sans céder à la terreur en ne permettant jamais aux voix de la haine et du mal de nous diviser."

Cet événement est survenu un an, jour pour jour, après les attentats dans le métro et à l'aéroport de Bruxelles, qui avaient fait 32 morts. L'attentat de Londres n'est pas non plus sans rappeler les attaques survenues à Berlin, en Allemagne, et à Nice, en France, où des camions béliers ont été utilisés ces derniers mois.

Lorsque le drame est survenu, vers 14h40 heure locale, les députés étaient réunis pour procéder à une série de votes. Le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a annoncé aux parlementaires que la séance était suspendue, tout en leur demandant de rester sur place.

Le parlement a été placé en confinement pendant plusieurs heures et la station de métro Westminster, située à proximité, a été fermée.

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Des témoins racontent

Le député conservateur Tobias Ellwood, dont le frère a été tué dans l'attentat terroriste à Bali en 2002, a tenté de sauver le policier poignardé, alors que l'assaillant gisait au sol à quelques mètres de là.

"J'ai tenté d'arrêter le flot de sang et je lui ai donné le bouche-à-bouche en attendant l'arrivée des paramédics, mais je crois qu'il avait déjà perdu trop de sang, a expliqué l'ancien militaire. Il avait de multiples blessures sous le bras et dans le dos."

L'attaque a débuté lorsque le suspect a foncé sur des piétons sur le pont de Westminster avec un véhicule utilitaire sport (VUS) de couleur grise.

L'ancien ministre polonais des Affaires étrangères Radek Sikorski se trouvait dans une voiture, sur le pont, lorsqu'il a entendu "quelque chose comme un véhicule qui percutait des feuilles de métal" et qu'il a vu des personnes étendues au sol.

"J'ai vu une personne qui ne donnait aucun signe de vie. Un homme saignait de la tête. J'ai vu au moins cinq personnes qui souffraient de blessures sérieuses", a-t-il déclaré sur les ondes de la chaîne polonaise TVN24.

En quelques minutes, plusieurs ambulances sont arrivées sur place. Des passants gisaient au sol sur toute la longueur du pont, qui relie le parlement à la rive sud de la Tamise.

Le VUS a ensuite percuté les grilles entourant le palais de Westminster. Au milieu de gens en panique, des témoins ont alors vu l'homme armé d'un couteau courir vers l'édifice.

"Un homme a surgi derrière mon épaule droite avec un long couteau et a commencé à poignarder le policier. Je n'ai jamais rien vu de tel. Je ne peux tout simplement pas croire ce que j'ai vu", a rapporté Rick Longley, un témoin des événements.

L'assaillant a alors réussi à franchir un portail pour se retrouver dans l'enceinte du parlement.

Le journaliste Quentin Letts, du "Daily Mail", a raconté avoir vu un homme vêtu de noir attaquer le policier avant d'être atteint de deux ou trois balles au moment où il tentait de faire son chemin jusqu'à l'entrée de l'édifice.

"Comme ce type courait vers l'entrée, deux gars habillés en civil avec des armes lui ont crié quelque chose qui ressemblait à un avertissement, il n'en a pas tenu compte, et ils ont tiré deux ou trois fois, et il est tombé", a-t-il décrit à la BBC.

Voyez des images de la scène filmée avec Periscope ici.

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