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18/03/2017 23:28 EDT | Actualisé 19/03/2018 01:12 EDT

Un an après les attentats, la Belgique meurtrie mais "debout"

Frappée le 22 mars 2016 par les pires attentats de son histoire, la Belgique rend hommage cette semaine aux 32 morts et plus de 320 blessés du métro et de l'aéroport de Bruxelles, déterminée à combattre la menace terroriste malgré les critiques subies il y a un an.

Métro, bus et trams de la capitale s'arrêteront mercredi à 09H11 (08H11 GMT). L'heure à laquelle Khalid El Bakraoui, jihadiste affilié au groupe Etat islamique (EI), a actionné sa ceinture d'explosifs dans une rame à la station Maelbeek, au coeur du "quartier européen", tuant 16 personnes.

Au lieu d'une minute de silence, les conducteurs et contrôleurs observeront une "minute de bruit" afin de "montrer qu'ils n'oublient pas mais restent debout, contre la haine et la terreur", selon la société des transports en commun bruxellois (Stib). Les voyageurs sont invités à s'y associer en applaudissant.

Les commémorations commenceront peu avant 08H00 à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, en présence du roi Philippe et de la reine Mathilde, de victimes et de leurs proches, de membres des services de secours et du gouvernement.

C'est dans le hall des départs de cet aéroport international, face aux guichets des compagnies Brussels Airlines et American Airlines, qu'Ibrahim El Bakraoui, le frère de Khalid, et Najim Laachraoui, ont déclenché leur charge de TATP à 07H58, faisant là aussi 16 morts.

Le couple royal se rendra ensuite en train jusqu'à la station de Maelbeek, avant d'inaugurer une sculpture monumentale à deux pas du siège de la Commission européenne.

- Menace 'vraisemblable' -

La Belgique avait déjà été choquée en mai 2014 par le premier attentat commis par un jihadiste rentré de Syrie, au Musée juif de Bruxelles (4 morts). Mais le 22 mars 2016, elle est sidérée par l'ampleur de la tuerie.

Un an plus tard, la menace terroriste reste "possible et vraisemblable". Des militaires continuent de patrouiller en ville et à sécuriser les sites sensibles. Il ne se passe guère de semaine sans opérations et descentes de police.

La législation anti-terroriste a été renforcée et les perquisitions sont autorisées la nuit.

Une commission d'enquête parlementaire poursuit ses auditions pour répondre à la dérangeante question: comment la Belgique a-t-elle laissé se développer des cellules jihadistes dans ses quartiers, dont la commune bruxelloise de Molenbeek est devenue le symbole?

La presse internationale n'a pas été tendre. Qualifiant la Belgique de "failed state" (Etat failli), pointant la fragmentation du système politique dominé par les conflits entre Flamands et francophones, fustigeant les carences des services de police et de renseignement.

"Notre pays est plus sûr" qu'il y a un an, rétorque le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, rappelant que d'"autres démocraties" ont subi la même terreur.

- Un seul réseau -

Les kamikazes de Bruxelles émanaient de la même cellule jihadiste qui avait ensanglanté Paris quatre mois plus tôt sous le commandement présumé du Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud.

Deux suspects de Bruxelles sous les verrous intéressent d'ailleurs la justice française pour le rôle qu'ils ont pu jouer dans le carnage du 13 novembre 2015: Osama Krayem, qui semble avoir renoncé à se faire sauter dans le métro bruxellois le 22 mars, et Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau", qui est reparti de l'aéroport après avoir abandonné, sans la déclencher, sa valise bourrée d'explosifs.

Les membres du réseau vivaient depuis des mois dans la clandestinité en Belgique, passant de planque en planque.

En fait, ils comptaient s'en prendre une nouvelle fois à la France.

Mais tout se précipite quand la police découvre le 15 mars une cache dans la banlieue de Bruxelles où se terrait Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos de Paris. Il sera arrêté trois jours plus tard à Molenbeek.

Certains des futurs kamikazes bruxellois rédigent alors un "testament" et décident, en coordination avec leurs contacts syriens, de frapper la capitale européenne, selon des enregistrements découverts sur un ordinateur abandonné dans une poubelle.

Aujourd'hui, l'enquête, confiée à trois juges d'instruction, imbriquée dans celle sur le volet belge des attentats de Paris, est loin d'être bouclée.

Quelque 900 victimes, dont certaines se plaignent de la lourdeur des démarches d'indemnisation, se sont portées parties civiles. Un défi inédit pour la justice du royaume.

Neuf suspects, dont Krayem et Abrini, ont été inculpés d'assassinats dans "un contexte terroriste". Mais leur procès n'est pas attendu avant des années.

siu/agr/prh

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