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19/03/2017 03:24 EDT | Actualisé 20/03/2018 01:12 EDT

Manifestation kurde: Ankara convoque l'ambassadeur d'Allemagne

La Turquie a convoqué dimanche l'ambassadeur d'Allemagne pour protester fermement au lendemain d'une manifestation de Kurdes à Francfort lors de laquelle des drapeaux des combattants kurdes ont été brandis, a annoncé le palais présidentiel, évoquant un "scandale".

Quelque 30.000 personnes principalement d'origine kurde, selon la police, ont manifesté samedi dans la ville de l'ouest de l'Allemagne pour réclamer "la démocratie en Turquie" et "la liberté pour le Kurdistan".

La manifestation, organisée à l'occasion de Newroz, jour de l'An du calendrier kurde, s'est déroulée dans le calme mais selon une porte-parole de la police, des drapeaux et des pancartes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, ont été aperçus, ainsi que des portraits de son chef historique emprisonné, Abdullah Öcalan.

Des manifestants ont également appelé à voter non au référendum du 16 avril sur une extension des pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Hier, l'Allemagne a donné son nom à un nouveau scandale", a lancé le porte-parole de la présidence Ibrahim Kalin sur la chaîne CNN-Turk, se plaignant de l'apparition de l'insigne du "groupe séparatiste terroriste", référence au PKK, lors de la manifestation.

"Hier l'ambassadeur d'Allemagne a été invité (en réalité convoqué) au ministère des Affaires étrangères et cela a été condamné de la manière la plus ferme", a ajouté M. Kalin.

Le Newroz, qui ne tombe que mardi, a été utilisé comme "un prétexte" à une manifestation kurde, a poursuivi le porte-parole.

La police a précisé ne pas être intervenue pendant la manifestation pour saisir ces drapeaux afin de ne pas provoquer d'éventuels incidents. Mais elle a indiqué avoir notamment pris des photos qui pourront éventuellement servir à lancer des poursuites. Le PKK est considéré en Allemagne aussi comme une organisation terroriste.

La Turquie accuse de longue date l'Allemagne de donner refuge à des militants de la cause kurde notamment. Berlin a jugé ces accusations aberrantes.

Le président Erdogan avait accusé lundi la chancelière allemande Angela Merkel de "soutenir les terroristes", nouvelle escalade dans les relations envenimées qu'entretiennent depuis plusieurs semaines Ankara et Berlin.

Le Sud-Est en majorité kurde de la Turquie est ensanglanté par des combats quotidiens entre les rebelles du PKK, et les forces de sécurité. Le conflit kurde a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

sjw/pt/prh

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