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19/03/2017 09:11 EDT | Actualisé 20/03/2018 01:12 EDT

Liban: manifestation à Beyrouth contre une augmentation des impôts et la corruption

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche dans le centre-ville de Beyrouth pour protester contre le projet de loi de budget 2017 présenté par le gouvernement libanais, qui envisage d'augmenter les impôts pour financer une hausse des salaires des fonctionnaires.

Au lieu d'augmenter les impôts, le gouvernement devrait éliminer la corruption et le gaspillage dans les institutions publiques, se sont élevés les manifestants, rassemblés à l'initiative d'organisations de la société civile et de partis politiques ayant appelé à se mobiliser contre le projet de loi des finances.

"Vous volez, nous payons", pouvait-on lire sur une banderole arborée durant la manifestation, tandis qu'une autre montrait une photo des ministres du gouvernement avec pour légende: "Les bandits du Liban".

Le Liban est classé comme le 39e pays le plus corrompu au monde par l'ONG anti-corruption Transparency International, basée à Berlin.

"Par dessus tout, ce gouvernement veut faire passer une loi et des impôts anticonstitutionnels au lieu de s'attaquer à la source de la corruption et du gaspillage au sein de l'État libanais", souligne Alaa al-Sayegh, 29 ans. "Ils paient la gabegie et la corruption en mettant la main dans les poches du peuple libanais", ajoute ce manifestant.

Camila Raad, 32 ans, qui dirige un syndicat d'enseignants à Tripoli, deuxième ville du pays située à 80 km de Beyrouth, dit être venue jusqu'à la capitale pour dire "son opposition au gouvernement qui affame le peuple ".

"Nous n'avons ni à manger, ni du travail. Nous avons faim. Ils veulent augmenter les impôts alors que nous ne pouvons pas payer notre nourriture", explique-t-elle à l'AFP.

Le Parlement, qui n'a pas voté de budget depuis 2005, débat depuis une semaine du projet de budget 2017 qui prévoit notamment une augmentation très attendue des salaires des employés de la fonction publique, notamment les enseignants.

Mais quand il est apparu que le financement de cette hausse de salaires passerait par une augmentation des impôts, cela a provoqué la colère de la société civile.

"L'évasion fiscale au Liban est évaluée annuellement à 4,2 milliards de dollars. Ce montant est suffisant pour financer l'augmentation des salaires et réduire considérablement le déficit budgétaire", a affirmé Sami Gemayel, qui dirige le parti Kataëb.

"Mais nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose, ils peuvent ainsi continuer à être corrompus", a-t-il dit déploré lors d'une conférence de presse.

Le Parlement propose une TVA à 11%, soit une augmentation de 1%, et des impôts sur le tabac, l'alcool et les voyages.

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