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L'Institut de l'oeil des Laurentides contourne l'abolition des frais accessoires

Malgré l'entrée en vigueur du règlement abolissant les frais accessoires, les ophtalmologistes de l'Institut de l'oeil des Laurentides facturent toujours 600 $ aux patients pour une chirurgie de la cataracte.

Un texte de Michel Rochon d’Enquête

Au lieu de facturer des gouttes et des lentilles, les médecins font maintenant passer obligatoirement à leurs patients une série d’examens non couverts par l’assurance maladie.

Ces tests ne sont ni utiles ni pertinents pour une chirurgie de la cataracte, sauf un.

Grâce à cette nouvelle facturation, l’Institut de l’oeil des Laurentides (IOL) remplace les montants qu’elle percevait avant l’abolition des frais accessoires et le remboursement des frais de lentilles par l’État.

Les patients payent donc des tests diagnostiques (600 $), plutôt que des gouttes (595 $).

Les médecins qui travaillent à l’IOL sont pourtant tous participants au régime d’assurance maladie du Québec. Ils se font donc payer par le gouvernement pour l’opération.

L’objectif du règlement entré en vigueur le 26 janvier était pourtant d’éliminer les frais accessoires liés à la dispensation des services médicaux assurés par l’État.

En réponse à nos questions, l'Institut de l’oeil des Laurentides allègue que ces examens ont une incidence sur le choix final de la lentille intraoculaire proposée au patient.

Mais du même coup, l'IOL explique qu’il facture 600 $ aux patients parce que le gouvernement ne lui donne pas les 436 $ par chirurgie pour les frais de fonctionnement que les hôpitaux, eux, reçoivent.

En février dernier, Enquête révélait que les quatre ophtalmologistes fondateurs de l’Institut de l’oeil ont profité d'un partenariat public-privé de 34 millions de dollars avec le gouvernement du Québec pour s'enrichir.

En plus de piger dans les coffres de l’État, ces médecins ont facturé aux patients des millions de dollars en frais accessoires, parfois pour des actes inutiles.

Ils sont aujourd’hui multimillionnaires.

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