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16/03/2017 06:04 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Voile/Justice UE: Erdogan dénonce "une croisade" contre l'islam

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi la justice de l'Union européenne de lancer "une croisade" contre l'islam pour avoir rendu un arrêt estimant qu'une entreprise pouvait interdire le port du voile au travail.

En pleine crise avec plusieurs pays européens, notamment les Pays-Bas et l'Allemagne, qui ont annulé des meeting électoraux de soutien à M. Erdogan ou refusé d'autoriser des ministres turcs à y participer, M. Erdogan a aussi lancé une nouvelle tirade contre le Premier ministre néerlandais Marc Rutte, dont le parti a remporté les élections législatives mercredi.

"Rutte, votre parti est peut-être arrivé en première position aux élections, mais vous devez savoir que vous avez perdu l'amitié de la Turquie", a déclaré M. Erdogan au cours d'une allocution à Sakarya, dans le nord-ouest de la Turquie.

Faisant flèche de tout bois depuis plusieurs jours dans son bras de fer avec l'Europe, M. Erdogan a vivement critiqué un arrêt rendu mardi par la Cour de justice européenne (CJUE) sur le port du voile musulman au travail.

"Qu'en-t-il de la liberté religieuse? Qui a pris cette décision? C'est la Cour de justice de l'Union européenne. Chers frères, ils ont lancé une croisade contre le croissant", symbole de l'islam, a déclaré M. Erdogan.

Dans un arrêt rendu mardi, la CJUE a estimé qu'une entreprise pouvait interdire dans son règlement intérieur le port visible de signes religieux, comme le foulard islamique.

Jeudi matin, le chef de la diplomatique turque Mevlüt Cavusoglu a estimé qu'il n'y avait pas de différence entre le parti libéral de M. Rutte, vainqueur des législatives, et le "fasciste" Geert Wilders.

"Regardez, il n'y a pas de différence entre les sociaux-démocrates et le fasciste Wilders, c'est la même mentalité", a déclaré M. Cavusoglu, cité par l'agence progouvernementale Anadolu.

Les Turcs doivent voter le 16 avril sur une réforme constitutionnelle controversée renforçant les pouvoirs du président Erdogan.

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