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16/03/2017 18:46 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Un vent d'optimisme souffle sur l'industrie du homard

La pêche au homard connaît un boom économique depuis les dernières années. À deux mois du début de la saison de pêche, on prévoit déjà une autre saison exceptionnelle. L'attente est toutefois très longue pour les pêcheurs qui veulent acheter un bateau.

Jason Poirier, 36 ans, est capitaine de son bateau depuis trois ans. Il pêche le homard depuis l’an 2000. Son premier bateau neuf devrait être prêt pour le mois de juin. « Ça fait quelques années que j’espère pour un nouveau bateau, j’ai hâte de le voir. »

Les pêcheurs ont raison de se réjouir. La valeur du homard débarqué tout au long de la côte acadienne a plus que doublé au cours des cinq dernières années. Selon les données préliminaires de Pêches et Océans Canada, les pêcheurs de la zone 23, près de la péninsule acadienne, ont vendu pour 38,7 millions $ de homard en 2011, comparativement à 63,7 millions $ en 2016.

Les pêcheurs ne sont pas les seuls à profiter des bonnes saisons de pêche. Le constructeur de bateau Fernand Richard travaille d’arrache-pied, le téléphone ne dérougit pas. La liste d’attente pour un homardier s’étire sur une ou deux années.

Celui qui a son garage depuis 1998 s’avoue soulagé de cette situation : « Ça fait du bien certain. C’est pour les employés, c’est bon pour moi, on a eu des mauvaises années aussi, pas juste des bonnes! » Il ajoute se souvenir qu’il y a à peine cinq ou six ans, les pêcheurs avaient du mal à vendre leurs prises.

Fernand Richard a doublé son nombre d'employés et son usine opère désormais à l’année. Il a aussi agrandi son garage de Pointe-Sapin. À l’Île-du-Prince-Édouard, certains constructeurs ne prennent plus de nouveaux contrats avant six ans, dit-il.

La relève reste

Le constructeur de bateau est heureux de voir que les jeunes restent dans la région plutôt que de partir travailler dans une autre province. « Avec les bonnes pêches, les jeunes ont plus tendance de rester dans le bout. [...] Les jeunes prennent la relève des parents. C’est encourageant au père de donner au fils c’est ça qui est plaisant de voir. »

Jason Poirier estime qu’il est désormais possible de faire une vie de la pêche au homard. Il lui faudra une dizaine d’années de bonne pêche pour payer son bateau.

La saison printanière de pêche au homard commence début mai au Nouveau-Brunswick.

D'après le reportage de Nicolas Steinbach