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16/03/2017 09:23 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Un des huit condamnés à mort groupés de l'Arkansas débouté en justice

La Cour suprême de l'Etat américain de l'Arkansas a rejeté jeudi le recours d'un condamné faisant partie d'un groupe de huit prisonniers dont les dates d'exécution ont été avancées en raison de la proche péremption de la substance utilisée pour les mettre à mort.

La Cour, qui compte sept magistrats, n'a pas justifié sa décision de refus d'examen du pourvoi de Jason McGehee, coupable de l'enlèvement suivi du meurtre d'un adolescent en 1996. Trois juges ont fait savoir leur désaccord avec l'opinion majoritaire.

Le gouverneur républicain de l'Arkansas, Asa Hutchinson, a suscité la controverse en annonçant que l'Etat prévoyait d'exécuter M. McGehee et sept autres prisonniers en l'espace de dix jours en avril.

Cette précipitation intervient dans un contexte de pénurie des substances létales dans les prisons américaines. Elle s'explique car les stocks possédés par l'Arkansas de midazolam, un anxiolytique utilisé comme anesthésiant, sont proches d'arriver à expiration.

Les opposants à la peine capitale dénoncent des exécutions "à la chaîne", fondées sur un motif aussi absurde que prosaïque, alors que l'Arkansas n'a exécuté aucun détenu depuis 2005.

Ces prisonniers seront exécutés selon le calendrier suivant: deux le 17 avril, deux le 20 avril, deux le 24 avril et deux le 27 avril (dont Jason McGehee).

Les huit hommes, plus un autre condamné à mort, ont déposé fin février une plainte commune pour dénoncer le protocole d'injection létale utilisé par les autorités de l'Arkansas.

Le midazolam est en effet accusé de ne pas plonger suffisamment dans l'inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grave douleur.

Leur avocat commun a dénoncé jeudi un "calendrier dangereux" s'ajoutant au péril posé par le produit d'injection.

"Ce calendrier resserré, qui prévoit que des agents inexpérimentés administrent ce protocole deux fois quotidiennement dans une succession rapide de quatre jours d'exécutions, crée un risque extrême de douleurs et d'exécutions ratées", a mis en garde John Williams.

Aucun Etat n'a procédé à huit exécutions en 10 jours depuis que la Cour suprême américaine a rétabli la peine de mort en 1976.

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