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16/03/2017 09:24 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Trump veut plus d'argent pour la défense, moins pour la diplomatie, l'environnement, la santé...

La première proposition budgétaire soumise par le président américain Donald Trump au Congrès prévoit une forte hausse des budgets consacrés à la défense et à la sécurité intérieure, et d'importantes compressions dans la protection de l'environnement, la diplomatie, l'aide internationale et la recherche scientifique.

Le document dévoilé jeudi prévoit des hausses de budget de 10 % pour le Pentagone, de 7 % pour le département de la Sécurité intérieure - incluant 2,8 milliards pour la construction du mur à la frontière mexicaine - et de 6 % pour les Anciens combattants. Il s’agit des trois seuls postes de dépenses qui bénéficieraient d’une augmentation.

L’Agence de protection environnementale (-31 %), le département d’État et d’autres agences offrant de l’aide internationale (-29 %) sont les grands perdants de l’exercice, devant les départements du Travail et de l’Agriculture (-21 %) et celui de la Santé et des Services sociaux (-18 %).

La Maison-Blanche compte aussi éliminer 19 agences fédérales, dont le National Endowment for the Arts, et le National Endowment for the Humanities, la Corporation for Public Broadcasting et la Legal Services Corporation, qui offre de l’aide juridique.

Les compressions à l’Agence de protection environnementale se traduiraient par la suppression d’une cinquantaine de programmes et l’élimination de 3200 emplois. La Maison-Blanche propose également de cesser de financer les efforts des Nations unies pour lutter contre les changements climatiques.

La proposition budgétaire prévoit également une réduction de 20 % du budget des National Institutes of Health, qui font de la recherche scientifique, et des financements à la baisse pour des programmes de recherche scientifique menés par la NASA et la National Oceanic and Atmospheric Administration.

Rudes négociations en vue avec le Congrès

La publication de ce document marque le début de négociations qui s’annoncent difficiles avec le Congrès, ultimement responsable d’adopter le budget. Les démocrates devraient s’y opposer avec force, tandis que les républicains, majoritaires, ne voient pas tous les choses du même œil que le président.

La proposition de réduire le budget du département d'État est d'ores et déjà contestée. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, et le responsable de la commission sénatoriale sur les Affaires étrangères, Bob Corker, y sont opposés. Le sénateur républicain Lindsey Graham l'a qualifiée de « mort-née » (dead on arrival).

Qui plus est, la proposition présentée jeudi demeure très partielle, puisqu’elle ne porte que sur des crédits discrétionnaires. Cela équivaut à des dépenses de 1150 milliards de dollars, soit un peu moins du tiers du budget total des États-Unis.

Elle ne comprend en outre aucune indication quant au financement des programmes les plus importants, comme Medicare, pour les personnes âgées, Medicaid, pour les plus pauvres, ou l’agence de la Sécurité sociale, ni sur les baisses d’impôt ou le programme d’infrastructures promis.

La proposition ne fait aucune prévision au-delà du budget 2018, qui doit entrer en vigueur le 1er octobre, et ne fait aucune projection quant à l’effet des mesures proposées sur le déficit, la dette ou la croissance de l’économie.

Le document de la Maison-Blanche s’étale d’ailleurs sur 53 pages, comparativement à 134 pour celle qui avait été soumise par Barack Obama au printemps 2009. Depuis Jimmy Carter, il y a 40 ans, aucune proposition budgétaire initiale n’avait été élaborée en moins de 100 pages.

D’autres propositions en vue du budget 2018 doivent être dévoilées à la mi-mai par la Maison-Blanche, au terme d’une autre négociation qui va se dérouler en parallèle avec le Congrès : celle portant sur une rallonge budgétaire permettant à l’administration de fonctionner au-delà du 28 avril.

Cette discussion permettra de tester pour une première fois le rapport de force entre l'administration Trump et le Congrès, et aura sans contredit des répercussions sur les discussions budgétaires pour l'année 2018.