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16/03/2017 00:50 EDT | Actualisé 16/03/2018 01:12 EDT

Premier budget Trump: coupes claires sur la diplomatie et l'environnement

Le président des Etats-Unis Donald Trump doit proposer jeudi, dans son premier budget, une baisse drastique des ressources allouées à l'aide internationale et à la protection de l'environnement pour compenser une hausse spectaculaire de dépenses du Pentagone.

Ce budget, dont le détail sera dévoilé à 07H00 (11H00 GMT), n'a aucune chance d'être adopté en l'état par le Congrès mais décline en chiffres le programme du nouveau locataire de la Maison Blanche qui s'articule autour d'un slogan : "L'Amérique d'abord".

La hausse de 54 milliards de dollars prévue pour la défense (près de 10%) s'accompagnera d'une baisse marquée des ressources de la plupart des autres ministères et agences fédérales.

"Il est clair que le niveau qu'ont atteint les dépenses du Département d'Etat est intenable", a déclaré le nouveau chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

"Nous allons faire beaucoup avec moins de dollars", a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que ce ne serait pas facile.

Selon Mick Mulvaney, directeur du budget, le document prévoit une baisse de 28% des ressources du département d'Etat, en charge de la diplomatie de la première puissance mondiale. Son budget actuel, qui englobe l'Agence pour le développement international (USAID), s'élève à environ 50 milliards de dollars.

"Le président a fait campagne en affirmant qu'il dépenserait moins d'argent à l'étranger et plus aux Etats-Unis", a-t-il résumé. Cependant, a-t-il assuré, ce budget permettra que "les fonctions diplomatiques essentielles du département d'Etat", qui compte quelque 70.000 employés et 250 ambassades et consulats, soient préservées.

Si ce projet aboutissait, le financement de nombreuses agences des Nations unies pourrait être remis en cause.

"Mon boulot ne consiste pas à représenter le monde. Mon boulot consiste à représenter les Etats-Unis d'Amérique", avait lancé le président républicain devant le Congrès il y a deux semaines.

A 3,3% du PIB, soit près de 600 milliards de dollars, les dépenses militaires américaines restent de loin les plus importantes du monde: elles sont près de trois fois supérieures à celles de la Chine, deuxième puissance militaire mondiale.

La publication du document ne marque cependant que le début d'une longue bataille avec le Congrès car c'est lui, et non la Maison Blanche, qui tient les cordons de la bourse. Or si les deux chambres sont contrôlées par les républicains, la majorité et le président ne sont pas, loin s'en faut, à l'unisson.

Plusieurs poids lourds républicains du Congrès ont déjà pris leur distance avec certaines propositions. "L'aide étrangère n'est pas de la charité", a ainsi souligné le sénateur Marco Rubio, estimant qu'elle était cruciale pour la sécurité nationale.

- 'Bluff complet' -

Il ne s'agit à ce stade pas de la présentation détaillée du budget mais seulement des grandes lignes de dépenses voulues par la Maison Blanche.

La puissante Agence de protection de l'environnement (EPA) devrait aussi subir des coupes spectaculaires dans ce document sur exercice budgétaire 2018, qui commence le 1er octobre 2017.

Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump, qui a par le passé mis en doute la réalité du changement climatique, martèle sa volonté de supprimer nombre de règlementations fédérales sur l'environnement qu'il juge inutiles, affirmant qu'elles sont un obstacle aux créations d'emplois.

L'élu démocrate du Kentucky John Yarmuth a dénoncé par avance mercredi un budget bâti sur "des coupes drastiques dans nombre de programmes qui protègent les Américains, que ce soit sur l'environnement ou la santé".

"Avec cette administration, il est difficile de dire ce qui relève du bluff complet et ce qu'il faut véritablement prendre au sérieux", a-t-il déploré.

Le document budgétaire objet d'intenses spéculations depuis plusieurs semaines devrait aussi inclure les premiers chiffres sur le sommes allouées à court terme à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique pour freiner l'afflux de clandestins, promesse de campagne emblématique de Donald Trump.

Selon Mick Mulvaney, une somme de 1,5 milliard de dollars sera prévue sur l'année 2017 et quelque 2,6 milliards de dollars pour la suivante.

Ce colossal édifice qui devrait mesurer quelque neuf mètres de haut et s'étendre sur des milliers de kilomètres pourrait, selon les estimations, coûter entre huit et 40 milliards de dollars.

Le département de la Sécurité intérieure (DHS)a repoussé à une date indéterminée le dépôt de l'appel d'offres pour la construction, dont la publication était initialement prévue mercredi.

La Maison Blanche a par ailleurs annoncé une légère baisse (1%) des fonds alloués à l'agence spatiale américaine NASA. Lors de son discours devant le Congrès, Donald Trump avait évoqué, à demi-mots, une possible relance des programmes spatiaux habités.

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