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16/03/2017 11:57 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

« Pas le moment » pour un référendum en Écosse, redit Theresa May

La première ministre britannique, Theresa May, a redit jeudi son opposition à la tenue en Écosse d'un référendum sur l'indépendance dans les délais souhaités par son homologue écossaise, Nicola Sturgeon.

« Ce n'est pas le moment », a-t-elle fait valoir lors d'une interview à la télévision. « Il serait injuste d'aller dans ce sens en ce moment parce que les gens n'auraient pas toutes les informations requises pour prendre une décision aussi cruciale ».

« Nous devrions plutôt oeuvrer ensemble en ce moment, pas nous séparer », a-t-elle ajouté.

Nicola Sturgeon, la chef du Parti national écossais (SNP, indépendantiste), lui a immédiatement répondu sur Twitter.

« Ce ne serait pas démocratique », a-t-elle estimé à propos du refus de Londres, ajoutant que le Parti conservateur au pouvoir « craint le verdict du peuple écossais ».

Sentiment indépendantiste amplifié

Nicola Sturgeon a demandé lundi la tenue d'un nouveau référendum sur l'indépendance entre l'automne 2018 et le printemps 2019, une fois clarifiées les conditions d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), à laquelle les Écossais se sont opposés lors du référendum sur le Brexit en juin 2016.

Consultés en septembre 2014, les Écossais avaient rejeté à 55 % la voie de la sécession. Les nationalistes du SNP estiment toutefois que la perspective du Brexit, que Theresa May doit déclencher formellement ce mois-ci, a modifié la donne.

Les derniers sondages en date montrent que le sentiment indépendantiste s'est amplifié en Écosse depuis que Theresa May a annoncé que le Royaume-Uni quitterait non seulement l'UE, mais aussi le marché unique et peut-être l'union douanière.

Une enquête publiée la semaine dernière témoignait d'une hausse du vote sécessionniste, qui frôle désormais les 50 %.

Si le gouvernement Sturgeon présente unilatéralement un projet de loi référendaire au Parlement écossais, il risque d'être confronté à des recours en justice, le Parlement national britannique étant souverain et seul habilité à trancher sur des questions constitutionnelles.

Après accord avec Édimbourg, le gouvernement britannique pourrait cependant temporairement transférer les prérogatives de Westminster au Parlement écossais, ce qui rendrait légal le projet de loi adopté à Édimbourg, comme ce fut le cas en 2014.