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16/03/2017 04:19 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Pacte migratoire: la Turquie doit "honorer" ses engagements (UE)

L'UE continuera à mettre en oeuvre le pacte migratoire conclu avec la Turquie et attend du gouvernement turc qu'il en fasse de même malgré ses menaces, a déclaré jeudi un porte-parole de la Commission européenne.

"Nous restons engagés dans la mise en oeuvre" de cet accord, que la Turquie a menacé mercredi soir d'annuler unilatéralement, a déclaré ce porte-parole, Margaritis Schinas.

"C'est un engagement de confiance mutuelle, visant à produire des résultats, et nous nous attendons à ce que les deux parties honorent leurs engagements, car c'est dans l'intérêt et au bénéfice des deux parties, ainsi que pour les réfugiés syriens", a poursuivi M. Schinas.

La Turquie, par la voie de son chef de la diplomatie, a menacé mercredi d'annuler unilatéralement le pacte migratoire conclu il y a un an avec l'Union européenne, qui a permis de réduire considérablement les arrivées de migrants et de réfugiés en Europe.

"Nous pouvons mettre fin (à cet accord) unilatéralement. Nous n'avons pas encore informé nos interlocuteurs (européens), tout cela est entre nos mains", a indiqué mercredi soir Mevlut Cavusoglu dans un entretien à la chaîne 24 TV, sur fond de tensions diplomatiques avec plusieurs pays de l'UE.

"A partir de maintenant, nous pouvons dire +nous ne l'appliquerons plus et ce sera terminé+", a-t-il ajouté. "Nous n'avons besoin de la permission de personne".

Cet accord prévoit le renvoi systématique vers la Turquie de tous les migrants arrivant sur les côtes grecques en mer Egée. Il a permis, avec la fermeture des frontières des pays des Balkans, de stopper l'afflux massif de migrants qu'a connu l'UE entre l'été 2015 et le printemps 2016.

Selon l'office européen de statistiques Eurostat, 2,45 millions de personnes ont déposé une demande d'asile en 2015 et 2016 dans l'Union.

L'UE avait mis sur la table plusieurs contreparties au pacte migratoire avec Ankara, promettant notamment un soutien financier de trois milliards d'euros à la Turquie qui accueille près de trois millions de réfugiés syriens sur son territoire.

Jeudi, la Commission européenne a annoncé qu'elle financerait à hauteur de 34 millions d'euros un projet de l'Unicef et du Croissant-Rouge turc visant à inciter les familles de réfugiés à scolariser leurs enfants.

Ce programme "mettra en place des transferts en espèces deux fois par mois, à compter de mai 2017, à destination des familles de réfugiés vulnérables dont les enfants fréquentent régulièrement l'école", selon un communiqué.

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