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16/03/2017 09:51 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Le Parlement européen demande la fin de l'extraction pétrolière sous la banquise arctique

Le Parlement européen a demandé jeudi l'interdiction de l'extraction du pétrole "dans les eaux arctiques gelées" de la l'UE et de la Norvège, sans pour autant critiquer directement Oslo qui veut relancer l'exploration pétrolière dans cette zone, mais pas sous la banquise.

Dans une résolution non contraignante adoptée à Strasbourg, le Parlement "demande que l'extraction pétrolière soit interdite dans les eaux arctiques gelées de l'Union et de l'Espace économique européen", étant donné que l'utilisation des combustibles fossiles accélère le changement climatique.

Le texte initial évoquait également la nécessité d'une "interdiction totale de l'extraction de pétrole et de gaz dans l'Arctique", mais une large majorité de députés s'est prononcée contre ce passage, par 414 voix contre 183.

Ce vote survient alors que, depuis 2013, le gouvernement norvégien a favorisé l'expansion de l'industrie pétrolière dans l'Arctique, malgré les protestations d'ONG inquiètes des conséquences pour l'environnement et le climat. Cette semaine encore, Oslo a proposé un nombre record de nouveaux permis d'exploration pétrolière dans les eaux de l'Arctique.

Réagissant à ce vote des eurodéputés, le gouvernement norvégien a souligné qu'il ne se sentait pas concerné, puisque le texte finalement approuvé évoque des "eaux glacées".

Or "la Norvège ne mène pas d'activités pétrolières dans les eaux glacées de l'Arctique", a fait valoir auprès de l'AFP un porte-parole du ministère de l'Énergie, Hakon Smith-Isaksen.

"La région de l'Arctique est très sensible et vulnérable. Si nous détruisons cette zone en utilisant ses ressources de façon non durable, nous ne détruirons pas seulement une région unique, mais nous accélérerons aussi le changement climatique et nous polluerons une source d'eau propre", a plaidé l'une des rapporteurs du texte au Parlement européen, l'élue finlandaise Sirpa Pietikäinen.

Soulignant "l'importance géostratégique croissante de cette région", les élus européens ont rappelé que "la banquise arctique a considérablement diminué depuis 1981" et que "le changement climatique progresse deux fois plus vite - et continue de s'accélérer - dans les régions polaires".

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