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16/03/2017 04:01 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Le Parlement européen appelle Moscou à libérer les "prisonniers politiques" en Crimée

Le Parlement européen a exhorté jeudi Moscou à libérer sans délai les "prisonniers politiques ukrainiens" détenus "illégalement" en Russie ou en Crimée, région ukrainienne annexée par Moscou il y a trois ans.

Depuis que Moscou en a pris le contrôle, "la situation des droits de l'Homme dans la péninsule de Crimée s'est considérablement dégradée" et "les violations de la liberté d'expression, les violences à l'égard des médias et la naturalisation russe forcée sont devenues systématiques", ont déploré les eurodéputés dans une résolution adoptée à Strasbourg.

"A l'heure actuelle, 17 citoyens ukrainiens sont détenus illégalement en Fédération de Russie et 15 dans la Crimée occupée", a encore dénoncé le Parlement, qui s'est dit "profondément inquiet" à propos des "nombreux signalements crédibles faisant état de disparitions, de torture et d'intimidation systématique de la population locale opposée à l'annexion de la Crimée".

"De nombreux prisonniers et détenus subissent des conditions pénibles et inhumaines dans les prisons", voire des "tortures" ou autres "traitements cruels et dégradants", affirment encore les parlementaires européens.

Le Parlement s'inquiète en particulier de la situation de la minorité des Tatars de Crimée, qui, avec leur patrimoine culturel, "semblent être des cibles privilégiées de la répression".

Péninsule stratégique sur la mer Noire, la Crimée a été annexée par la Russie en mars 2014 après une intervention militaire suivie d'un référendum de rattachement dénoncé comme illégal par Kiev et les Occidentaux.

Cette annexion a provoqué les plus vives tensions entre les Occidentaux et la Russie depuis la fin de la Guerre froide. En rétorsion, les Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé à Moscou une vague de sanctions économiques, qui sont toujours en vigueur.

Dans sa résolution de jeudi, le Parlement européen a d'ailleurs appelé à de "nouvelles mesures restrictives à l'encontre des personnes responsables de graves violations des droits de l'Homme, notamment le gel de leurs avoirs dans les banques de l'Union".

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