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16/03/2017 08:22 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

La formation d'une coalition à la néerlandaise, un processus complexe

Au lendemain de législatives qui ont vu le Premier ministre libéral Mark Rutte battre son rival anti-islam Geert Wilders, les chefs de file des partis politiques néerlandais commencent le long et complexe processus de formation d'une coalition gouvernementale.

Celle-ci doit à la fois pouvoir rassembler une majorité de 76 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement et se mettre d'accord sur les politiques à mener.

Une "éclaireuse"

La première étape est la nomination d'un explorateur, une personne de référence ayant fait ses preuves en politique. Les chefs de file se sont rencontrés jeudi au parlement et ont nommé la ministre sortante de la Santé (VVD) Edith Schippers.

Après le week-end, elle va rencontrer l'ensemble des partis pour évaluer quelles sont les coalitions possibles, en fonction du nombre de sièges récoltés et des promesses de campagne.

Le débat

Mme Schippers devra ensuite remettre un rapport sur cette première évaluation au parlement, qui doit en débattre le 23 mars. La nouvelle assemblée doit ensuite nommer un informateur, un rôle qui avant 2012 était réservé au Roi.

Le(s) informateur(s)

Les informateurs sont chargés d'atteindre un "accord de gouvernement" entre les partis pressentis pour former une coalition : c'est l'heure du compromis à la néerlandaise. Certains pourraient demander l'abandon des franchises dans les soins de santé contre de nouvelles mesures envers la pollution, par exemple.

Les négociations sont complexes, après des campagnes où chacun essaie de se démarquer des politiques des autres. Cet accord, qui servira de guide de travail au prochain gouvernement, est présenté aux membres de chaque parti de la coalition, qui doivent l'approuver. En cas d'échec, le processus recommence.

Le formateur

Une fois l'accord de gouvernement conclu, un formateur, chargé de finaliser les négociations, est nommé. Celui-ci provient en général du plus grand partenaire de coalition et devient Premier ministre. Il est question désormais de partager les portefeuilles entre les partis, avant de décider quelles personnes occuperont les postes de ministres et secrétaires d'Etat. Là encore, les négociations peuvent capoter.

Serment

Le nouveau gouvernement ainsi formé doit ensuite prêter serment au souverain et peut enfin prendre ses fonctions. Jusqu'à ce moment-là, l'ancien gouvernement démissionnaire gère le pays, à l'exception de ce qui est considéré comme les affaires sensibles.

En 2012, le processus avait pris 54 jours, un temps relativement rapide. Le record, en 1977, était de 208 jours.

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