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16/03/2017 12:22 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

La Conspiration des cellules de feu, une signature apparue en 2008

La "Conspiration des cellules de feu", qui a revendiqué jeudi l'envoi d'un colis piégé au ministère allemand des Finances et pourrait être derrière celui qui a blessé une employée du FMI à Paris, s'inscrit dans la mouvance anarchiste et d'extrême gauche toujours active en Grèce.

Le groupe a fait son apparition en 2008. Après des troubles urbains provoqués par la mort d'un adolescent tué par la police, des attentats signés par la Conspiration avaient notamment visé la résidence d'un procureur en février 2009, le tribunal de Salonique (nord) en mai de la même année et le domicile de l'ex-ministre de l'Ordre public en juillet, puis le Parlement en janvier 2010.

Fin 2010, le groupe avait mis l'Europe en état d'alerte avec une série d'envois de colis piégés, notamment aux dirigeants européens Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, ou à José Manuel Barroso, le président à l'époque de la Commission européenne. Ces colis n'avaient pas fait de victimes.

La Conspiration avait également envoyé des colis piégés à d'autres institutions et ambassades européennes, mais la plupart avaient pu être interceptés à l'aéroport d'Athènes. Ils contenaient généralement des livres évidés et remplis d'une poudre provenant de pétards.

Le groupe affirmait alors collaborer avec les anarchistes italiens de la FAI (Fédération Anarchique Informelle), également connus pour l'envoi de colis piégés en Italie depuis les années 2000.

En 2011, plusieurs de ses membres ont été arrêtés dont une dizaine de très jeunes gens, et ont été condamnés pour "participation à une organisation criminelle" à de lourdes peines de prison.

Le groupe a cependant annoncé "son retour" en 2014 et a depuis signé des actions sporadiques, sans faire de victimes, dont une attaque contre les locaux du parti socialiste grec Pasok, alors au pouvoir dans un gouvernement de coalition.

La police estimait à l'époque que la Conspiration fédérait des franges radicalisées de la jeunesse grecque, face à la grave crise sociale et économique vécue par le pays.

En avril 2014, la Banque de Grèce avait été la cible d'une explosion, revendiqué cette fois par le groupe "Lutte révolutionnaire".

Le dernier acte en date de la Conspiration était en octobre 2016 un attentat à l'engin explosif contre le domicile athénien d'une magistrate du parquet.

En novembre 2016, une attaque à la grenade contre l'ambassade de France à Athènes avait très légèrement blessé une policière. Il avait cette fois été revendiqué par un groupe "Organisation d'autodéfense révolutionnaire". Celui-ci avait revendiqué en juillet 2014 des tirs contre l'ambassade du Mexique à Athènes.

La mouvance anarchiste est toujours active en Grèce mais elle s'illustre avec des actions beaucoup moins violentes que les groupes d'extrême gauche de guerilla urbaine actifs pendant plusieurs décennies après la dictature des colonels (1967-1974), comme celui du 17-Novembre demantelé en 2000.

La situation politico-sociale est moins tendue en Grèce ces dernières années par rapport aux grandes manifestations de 2010-2012. Mais le pays reste en crise, confronté aux mesures d'austérité exigées par les créanciers alors que des différences d'appréciation macro-économiques entre le FMI et le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble bloquent le versement d'une nouvelle tranche d'aide.

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