NOUVELLES
16/03/2017 06:44 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

L'Ukraine impose des sanctions aux banques publiques russes

L'Ukraine a imposé jeudi des sanctions aux banques publiques russes opérant sur son territoire, dernier épisode en date de la guerre commerciale que Kiev mène avec Moscou depuis l'annexion de la Crimée suivie d'une insurrection séparatiste dans l'est du pays.

Cette décision est aussi une riposte à la saisie par les rebelles prorusses des entreprises ukrainiennes installées sur leurs territoires, qui faisait elle-même suite à un blocus commercial de plusieurs mois imposé à ces territoires par des militants nationalistes ukrainiens.

Le président Petro Porochenko a approuvé des mesures punitives à l'encontre des filiales ukrainiennes de cinq banques russes, parmi lesquelles les géants publics Sberbank et VTB, leur interdisant de sortir des fonds du pays.

"Les sanctions seront mises en place pour une durée d'un an", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Sberbank et VTB font partie des 15 plus grandes banques opérant en Ukraine, avec des fonds s'élevant à plus de 68 milliards de hryvnias (2,35 milliards d'euros).

Kiev a déjà suspendu mercredi le transport de marchandises à travers la ligne de contact entre les territoires séparatistes de l'est et le reste du pays, instaurant de facto un blocus économique de ces territoires.

Les autorités ukrainiennes ont également été contrariées par la décision de Moscou en février de reconnaître la validité des passeports délivrés par les "républiques" séparatistes de l'Est.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur Arsen Avakov a ainsi appelé la semaine dernière à faire cesser les activités de Sberbank en Ukraine en représailles.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé mercredi que les difficultés rencontrées par les filiales ukrainiennes des banques russes "détruisaient totalement le climat des affaires" dans le pays.

Des militants nationalistes ukrainiens avaient muré quelques jours auparavant l'entrée d'une agence Sberbank à Kiev.

Cette situation "montre au monde entier qu'il est aujourd'hui très dangereux et peu raisonnable économiquement de travailler en Ukraine", a estimé M. Peskov, ajoutant que le Kremlin "surveillait très attentivement" les événements.

La Russie et l'Ukraine sont à couteaux tirés depuis l'arrivée à Kiev en 2014 de nouveaux dirigeants pro-occidentaux après des manifestations sanglantes, l'annexion de la péninsule de Crimée par Moscou et le déclenchement d'un conflit entre loyalistes et séparatistes dans l'Est, qui a fait plus de 10.000 morts.

os-dg/pop/nm/pjl