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16/03/2017 00:06 EDT | Actualisé 16/03/2018 01:12 EDT

Islande: "Il ne va pas y avoir de crise", assure la banque centrale

"Il ne va pas y avoir de crise" financière en Islande comme le pays a pu en connaître de spectaculaires par le passé, assure le gouverneur de la banque centrale Mar Gudmundsson dans un entretien avec l'AFP.

L'île a affiché en 2016 une croissance exceptionnelle de 7,2%, l'une des plus rapides au monde, et voit prospérer salaires, investissements et projets immobiliers. Mais pour M. Gudmundsson, pas de quoi s'affoler.

"Il pourrait y avoir une surchauffe. C'est pour ça que nous avons une politique monétaire quelque peu stricte et que nous devons avoir une politique budgétaire serrée et d'autres outils pour gérer cela", estime-t-il.

"Mais s'il y a surchauffe, l'ajustement ne sera pas une crise financière de quelque sorte que ce soit", d'après lui.

Le souvenir est vif en Islande des excès des années 2000, où un secteur bancaire conquérant jouait gros sur les marchés financiers internationaux, et arrosait l'économie de capitaux. L'histoire s'est mal terminée, par un krach en 2008 et une récession.

Pour le banquier central, le schéma ne va pas se répéter. Cette fois-ci, la croissance vient de revenus bien réels: pas ceux de la spéculation, mais les dépenses des nombreux touristes étrangers venus admirer des paysages à couper le souffle.

"Les banques sont dans un bien, bien meilleur état, elles n'ont pas d'activité internationale, les devises sur le bilan des banques sont réglementées de manière très étroite, elles ont une capitalisation très élevée, elles ont une très bonne liquidité", a-t-il détaillé.

"Cette croissance que nous voyons, le boom auquel nous assistons, n'est pas tiré par le crédit", a insisté M. Gudmundsson.

Mercredi, la Banque centrale d'Islande a laissé inchangé son taux d'intérêt directeur à 5%, en rappelant qu'elle était très vigilante face au risque de dérapage des prix. Mais comme ceux des importations sont très sages, l'inflation reste modérée, à 1,9% en février.

Ce taux directeur rend le rendement de la couronne islandaise particulièrement attrayant pour des investisseurs étrangers venus de zones où ces taux sont plus proches de zéro. Mais l'Islande, ayant beaucoup appris des mouvements de capitaux démesurés qu'elle subissait dans les années 2000, limite toujours la capacité des opérateurs de marché à spéculer chez elle.

"Notre inquiétude ne se situe pas là. Notre inquiétude est plutôt que le marché du travail devienne trop tendu, le marché du logement devienne beaucoup trop tendu, et qu'on ait une sorte d'ajustement difficile dans l'économie réelle", explique le banquier central.

"Il est tout à fait clair que le boom du tourisme est derrière une bonne partie de cette croissance. C'est aussi la raison principale de l'appréciation de la couronne, et cela met une pression sur les autres industries exportatrices. Nous ne pouvons rien contre ça", concède-t-il.

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