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16/03/2017 19:00 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

GB: Theresa May affronte son parti après une semaine difficile

La Première ministre britannique Theresa May va tenter vendredi de rassembler ses troupes, réunies en congrès à Cardiff, au Pays de Galles, après une semaine difficile où elle a semblé affaiblie à l'approche du Brexit.

L'appel lundi du gouvernement écossais à organiser un nouveau référendum sur l'indépendance l'a obligée à défendre l'intégrité du Royaume, au moment même où elle doit enclencher le processus de sortie de l'Union européenne.

La dirigeante conservatrice a dû aussi abandonner une réforme clé de son budget annuel, présentée à peine sept jours plus tôt, face à l'opposition bruyante de députés de son parti, montrant sa vulnérabilité et suscitant des interrogations sur sa capacité à mener les négociations complexes du Brexit.

"Sa position est bien plus faible que ne le suggèrent les sondages", a déclaré à l'AFP Tony Travers, professeur de sciences politiques à la London School of Economics.

Mme May est en tête de près de 20 points dans certaines enquêtes d'opinion, mais c'est en grande partie dû à la faiblesse de l'opposition travailliste, également divisée. Et sa majorité à la chambre des Communes est très serrée.

A Cardiff, où les conservateurs sont réunis jusqu'à samedi, elle aura donc en tête de resserrer les rangs, en promettant une nouvelle fois "un avenir meilleur" hors de l'UE.

"J'ai forgé un projet pour un avenir meilleur pour le Royaume-Uni... Un Royaume-Uni plus fort, plus juste, que nos enfants et petits-enfants seront fiers d'appeler leur maison", devrait-elle dire.

- 'Fiasco' -

Mais l'épisode du budget -qui a vu son ministre des Finances Philip Hammond contraint d'enterrer une hausse des cotisations sociales des travailleurs indépendants, de crainte de voir le plan rejeté par des députés conservateurs rebelles- a fait des dégâts.

"Si les Tories peuvent rater un budget, comment vont-ils gérer le Brexit ?", s'interroge le magazine conservateur The Spectator, estimant que "les capitales européennes ont dû observer ce fiasco avec effarement".

"Si le gouvernement de Theresa May cède sous la pression, alors ses adversaires dans les discussions du Brexit vont faire pression", a-t-il ajouté.

Pour Tony Travers, "il y a un risque que cette semaine n'ouvre la voie à une période où elle (Mme May, NDLR) va se faire balloter par des groupes de députés qui vont penser pouvoir obtenir tout ce qu'ils veulent".

Car même si le Brexit l'a emporté au référendum du 23 juin, les vieilles divisions sur l'Europe sont loin d'être éteintes au sein des conservateurs, entre les eurosceptiques qui veulent une coupure nette d'avec Bruxelles et les europhiles qui n'ont toujours pas digéré l'idée de sortir de l'UE.

Sur le dossier écossais, Mme May a tenté de reprendre la main jeudi en déclarant que ce n'était "pas le bon moment" pour organiser une nouvelle consultation sur l'indépendance, à l'approche de l'échéance historique du Brexit.

"Toute notre énergie doit être concentrée sur les négociations avec l'Union européenne, afin de garantir que nous obtenions le meilleur accord possible pour l'ensemble du Royaume-Uni", a dit la dirigeante, qui devrait lancer la procédure de divorce au cours de la dernière semaine de mars, soit peu avant la date limite du 31 qu'elle s'est fixée.

Un autre casse-tête a surgi jeudi concernant les dépenses de campagne des conservateurs. La Commission électorale a infligé une amende record au parti conservateur pour avoir sous-évaluées celles-ci, et trois députés du parti auraient été interrogés par la police.

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