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16/03/2017 08:53 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

France: l'ex-responsable des finances de la région de Moscou reste en prison

La justice française a décidé jeudi de maintenir en détention jusqu'au 30 mars l'ex-responsable des finances de la région de Moscou dont la Russie demande l'extradition pour le détournement présumé de 400 millions d'euros.

Arrêté à l'été 2013 sur la Côte-d'Azur, Alexeï Kouznetsov, ancien "ministre des Finances" de la région de Moscou, avait déposé une demande d'asile politique en janvier 2015. Rejetée mi-novembre 2016, celle-ci fait l'objet d'un recours.

Saisie d'une demande de remise en liberté par M. Kouznetsov, la cour d'appel de Lyon (sud-est) a ordonné, jeudi, un supplément d'information .

L'avocat de l'ancien haut responsable russe, Grégoire Rincourt, estime que la justice "joue la montre en espérant une décision sur le recours d'ici au 30 mars", alors que "la détention de M. Kouznetsov est trop longue et non conforme aux textes internationaux".

Alexeï Kouznetsov avait été interpellé près de Saint-Tropez (sud-est) le 5 juillet 2013 en possession de cinq passeports établis à des noms différents. Il est accusé par la Russie d'avoir organisé, de 2005 à 2008, l'achat de créances d'entreprises et de les avoir fait garantir par la région de Moscou pour obtenir des prêts dont il aurait détourné les montants.

La fraude est évaluée à 14 milliards de roubles par le parquet russe, soit plus de 400 millions d'euros au taux de change de l'époque. L'argent détourné aurait été blanchi dans l'immobilier à l'étranger, notamment via l'achat de deux hôtels à Courchevel, station de ski prisée des oligarques russes.

En mars 2015, la Cour de cassation avait rejeté un recours, confirmant l'avis favorable à l'extradition rendu à l'automne 2014 par la cour d'appel de Lyon, mais la signature du décret d'extradition par le gouvernement a depuis été suspendue dans l'attente de l'instruction de la demande d'asile politique de M. Kouznetsov.

La justice avait pris acte du fait que la Russie s'était engagée à ce que l'ancien ministre ne soit pas soumis à des travaux forcés et puisse bénéficier de visites des autorités françaises.

Mais selon Me Rincourt, son client encourt "au minimum quinze ans de prison dans des conditions de détention déplorables dans une des pires prisons de Russie", sans compter que "beaucoup de gens auraient intérêt à ce qu'il ne fasse pas de révélations".

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