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16/03/2017 07:52 EDT

France: du courrier explose au visage d'une employé du FMI

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Des résidus de timbres grecs ont été retrouvés par la police après l'explosion d'un colis piégé jeudi au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI), a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête.

"Compte tenu de ces premières constations, l'enquête s'oriente plutôt vers la piste d'un groupe anarcho-autonome", a précisé cette source. Selon la police grecque, la mouvance anarchiste grecque serait à l'origine du colis piégé.

Le groupe anarchiste Conspiration des cellules de feu "serait vraisemblablement à l'origine" de l'envoi du colis piégé, a indiqué à l'AFP une source policière grecque.

Selon cette source, le ministre adjoint grec de la Protection civile Nikos Toskas a été informé par les autorités françaises que le colis envoyé au FMI avait été expédié d'Athènes, comme celui envoyé au ministère allemand des Finances. Or ce premier envoi a été revendiqué jeudi matin par le groupe anarchiste Conspiration des cellules de feu.

Mercredi à Berlin, un "mélange explosif" a été découvert au ministère allemand des Finances, expédié depuis la Grèce, avec comme fausse adresse d'expéditeur celle d'un député de droite. Le groupe anarchiste grec Conspiration des cellules de feu a revendiqué l'envoi de ce paquet.

Selon une source policière grecque, "il est très tôt" pour établir un lien éventuel entre les deux actions, à Paris et Berlin. "Nous sommes prudents" et "restons vigilants", a indiqué cette source à l'AFP.

En France, le courrier piégé a explosé et blessé une assistante de direction, un acte aussitôt qualifié d'"attentat" par le président François Hollande.

"Nous sommes encore en face d'un attentat, il n'y a pas d'autre mot face à un colis piégé", a déclaré le président français. "Nous sommes toujours visés. Là, en l’occurrence, c'est le Fonds monétaire international, mais c'est en France, c'est la France. (...) Nous sommes directement concernés", a-t-il déclaré en marge d'un déplacement dans le Sud.

"Il y a l'état d'urgence, j'ai annoncé qu'il devait être prolongé jusqu'au 15 juillet", a-t-il rappelé.

Christine Lagarde, la patronne du FMI, a son côté condamné un "acte de violence lâche".

Le premier ministre Bernard Cazeneuve, en déplacement sur le terrain, a écourté sa visite après l'explosion à laquelle est venue s'ajouter, peu après, une fusillade. Celle-ci a fait deux blessés dans un lycée de Grasse, dont un élève de 17 ans a été interpellé en possession de plusieurs armes.

L'explosion du colis piégé au siège du FMI a "légèrement blessé" aux mains et au visage la secrétaire qui se trouvait dans le bureau, selon la préfecture de police de Paris.

Engin 'relativement artisanal'

L'explosion au siège parisien du FMI a été provoquée par un engin pyrotechnique "relativement artisanal" qui a provoqué des "dégâts assez limités dans le bureau", a déclaré le préfet de police Michel Cadot au cours d'un bref point de presse sur place.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'engin pourrait être un pétard. Plusieurs personnes ont été évacuées par mesure de précaution après cette explosion survenue autour de 10H30 GMT au coeur de Paris, non loin de l'Arc de Triomphe, à proximité des Champs-Élysées.

La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête. "La cible et le mode opératoire" rendent cette saisine "logique", a indiqué une source proche de l'enquête.

L'enquête en flagrance est ouverte notamment pour tentative d'assassinat et destruction par moyen explosif en relation avec une entreprise terroriste, et association de malfaiteurs terroriste criminelle, a annoncé le parquet. Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet.

La police scientifique parisienne a été envoyée sur place.

Mercredi, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas avait estimé que les conditions étaient réunies pour "une sortie de l'état d'urgence", instauré en France au soir des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 et prolongé jusqu'au 15 juillet 2017.

La décision reviendra toutefois à la majorité issue des urnes après la présidentielle et les législatives. Toute nouvelle prolongation de l'état d'urgence doit en effet être soumise au Parlement.