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16/03/2017 06:09 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

Eurogroupe: Dijsselbloem affirme que son mandat court jusqu'en 2018

Le ministre néerlandais des Finances Jeroen Dijsselbloem, dont le parti travailliste a essuyé une défaite historique aux législatives, a insisté jeudi sur le fait que son mandat à la tête de l'Eurogroupe courrait jusqu'en janvier 2018.

"Il faut former une nouvelle coalition gouvernementale mais mon mandat à la tête de l'Eurogroupe court jusqu'en janvier 2018", a affirmé Dijsselbloem, cité par son porte-parole Michel Reijns.

M. Dijsselbloem préside cette puissante institution de la zone euro, qui réunit les ministres des Finances des pays ayant adopté la monnaie unique, depuis janvier 2013.

Son mandat de deux ans et demi a été renouvelé en juillet 2015, en pleine crise grecque, et court jusqu'au mois de janvier 2018.

M. Dijsselbloem, quasi inconnu à son arrivée à ce poste début 2013, s'était d'ailleurs hissé au statut d'interlocuteur incontournable et respecté lors des âpres négociations avec le gouvernement grec.

Lors de sa reconduction, en juillet 2015, son challenger était le ministre espagnol de l'Economie, le conservateur Luis de Guindos.

Interrogées par l'AFP, des sources gouvernementales espagnoles n'ont pas voulu se prononcer sur une éventuelle nouvelle candidature de M. de Guindos, indiquant pour le moment: "M. Dijsselbloem est le président de l'Eurogroupe".

Il n'existe pour l'instant aucune règle précise sur ce cas de figure: si M. Dijsselbloem devait quitter son portefeuille à la suite de la déroute des travaillistes aux législatives, rien ne l'empêcherait en théorie de rester président de l'Eurogroupe.

Dans le protocole 14 du Traité de Lisbonne (2009), il est simplement précisé: "Les ministres des Etats membres qui ont pour monnaie l'euro doivent élire un président pour deux ans et demi à la majorité des Etats membres".

La tradition a été cependant d'élire jusqu'ici un ministre des Finances comme président, d'abord Jean-Claude Juncker (de 2009 à 2013), alors Premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg, puis Jeroen Dijsselbloem.

Selon des résultats provisoires des législatives néerlandaises diffusés jeudi, les travaillistes du PvdA de M. Dijsselbloem auraient enregistré un revers sans précédent, passant de 38 députés à 9 seulement.

Mais parmi les éléments qui plaideraient en faveur du maintien de M. Dijsselbloem à la tête de l'Eurogroupe, son appartenance à une formation social-démocrate pourrait bien compter.

En effet, depuis le départ pour Berlin du social-démocrate allemand Martin Schulz de la présidence du Parlement européen, les trois postes clés des institutions européennes sont entre les mains de conservateurs: le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la Commission, le Polonais Donald Tusk au Conseil et l'Italien Antonio Tajani au Parlement.

Cette domination conservatrice a provoqué des grincements de dent. Parmi les autres postes importants de l'UE, la cheffe de la diplomatie européenne, l'Italienne Federica Mogherini, appartient comme M. Dijsselbloem à un parti social-démocrate.

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