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16/03/2017 02:33 EDT | Actualisé 17/03/2018 01:12 EDT

CAF - Issa Hayatou en quête d'un 8e mandat à la tête du foot africain

Le Camerounais Issa Hayatou a appelé les fédérations africaines de football à choisir "l'unité", vantant son "expérience" et sa "sagesse" alors qu'il brigue jeudi un 8e mandat à la tête de la Confédération africaine (CAF), qu'il dirige depuis 1988.

Dernier dignitaire du foot mondial épargné par les affaires qui ont emporté Sepp Blatter et Michel Platini, M. Hayatou, 70 ans, est favori pour l'obtention d'un nouveau mandat de quatre ans lors de ce vote organisé dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Son seul adversaire est le méconnu président de la Fédération malgache, Ahmad Ahmad, 57 ans, qui doit s'exprimer plus tard jeudi.

"La force de la CAF réside dans son unité et sa cohésion, et elle doit demeurer (ainsi)", a déclaré M. Hayatou dans un discours devant les 54 associations nationales membres de la CAF.

- Infantino présent -

"En tant que président de la CAF, qui possède aujourd'hui une expérience et une sagesse inégalées, je vous exhorte, quelle que soit votre décision, à faire le choix de l'unité, le choix de la solidarité, le choix de la raison, le choix qui permettra à l'Afrique de rester solide et de peser de tout son poids au niveau du football mondial ", a-t-il ajouté.

Après la décision de la Fédération internationale (Fifa) en janvier d'étendre la Coupe du monde de 32 à 48 nations, M. Hayatou a réaffirmé jeudi sa volonté d'obtenir 10 places qualificatives pour les équipes africaines, "une attente en adéquation avec le niveau de développement de notre football, et ce que notre continent représente au sein de la Fifa".

Alors que le calendrier de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) suscite des critiques de la part de clubs européens, privés de leurs meilleurs joueurs africains en début d'année civile tous les deux ans, M. Hayatou a joué le maintien: "l'intérêt" des Africains reste "une Coupe d'Afrique des nations qui se dispute tous les deux ans, à une période adéquate climatiquement (sic), dans un format qui permet à plusieurs pays de pouvoir prétendre à son organisation".

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, était par ailleurs présent à Addis Abeba pour assister au vote. Des rumeurs font état de son soutien - non déclaré publiquement - à M. Ahmad. Le patron du foot mondial y verrait un moyen de prendre sa revanche contre Hayatou, qui avait soutenu Sheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa lors de l'élection à la présidence de la Fifa en février 2016.

- 'Vieux crocodile' -

Le soutien d'Infantino à M. Ahmad ne serait toutefois pas forcément positif pour le rival de M. Hayatou, estiment les observateurs, selon lesquels nombre d'Africains verraient d'un mauvais oeil une éventuelle tentative d'ingérence de la part d'un Européen.

Personnage controversé, soupçonné notamment d'avoir accepté de l'argent en échange d'un soutien au Qatar pour l'obtention du Mondial-2022, M. Hayatou a toujours rejeté ces accusations. Il n'a jamais été suspendu par la Fifa, dont il a assuré la présidence par intérim quand Sepp Blatter a été emporté par les affaires et scandales. Mais il a reçu un blâme du CIO, dont il est devenu membre en 2001, pour avoir perçu de l'argent de la société de marketing ISL, en charge du marketing de la Fifa et disparue dans une faillite retentissante en 2001.

"Hayatou est le plus vieux crocodile du monde du foot, et bizarrement, personne n'a jamais pu lui faire du tort en dépit des nombreuses rumeurs de corruption qui l'escortent", a décrypté récemment un ancien cadre de la Fifa, sous couvert de l'anonymat.

M. Ahmad, ancien joueur, entraîneur et ministre de la Pêche de son pays, a mené campagne contre le sortant en promettant "une transparence dans la gestion" de la CAF et la fin des "pratiques obsolètes". Mais, sur ce plan, la réputation de M. Ahmad n'est pas sans tache.

Le nom de M. Ahmad a ainsi été cité par le Sunday Times dans l'affaire de corruption qui a entouré l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Selon le journal britannique, il aurait perçu 30.000 à 100.000 dollars en échange de son vote pour le Qatar, ce que l'intéressé dément formellement.

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