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14/03/2017 09:24 EDT | Actualisé 15/03/2018 01:12 EDT

France: les volets de l'enquête qui empoisonne la campagne de François Fillon

Les volets de l'enquête pour des emplois présumés fictifs de membres de sa famille, qui empoisonne la campagne du candidat de droite à la présidentielle, François Fillon, inculpé mardi par la justice française, notamment pour détournement de fonds publics.

- L'inculpation de François Fillon -

En mettant en examen (inculpant) François Fillon, les juges ont considéré qu'il existait des "indices graves ou concordants" le concernant. Son épouse Penelope pourrait également être inculpée au terme de sa convocation prévue le 28 mars.

Ce statut confère à François Fillon des droits pour se défendre sur le terrain judiciaire, comme celui de contester la procédure. Sa défense fait notamment valoir que le délit de détournement de fonds publics, pour lequel il a été mis en examen, n'est pas applicable à un député. Mais la justice ne devrait pas être saisie sur ce point avant le scrutin présidentiel, les 23 avril et 7 mai. Et dans l'hypothèse où François Fillon serait élu, l'immunité présidentielle gèlerait pendant son mandat tout acte judiciaire le concernant.

- L'emploi de Penelope Fillon -

Le 25 janvier, l'hebdomadaire Canard Enchaîné révèle que Penelope Fillon a été l'assistante parlementaire de son époux à l'Assemblée nationale, et s'interroge sur la réalité de cet emploi. C'est le coeur de l'enquête préliminaire ouverte le même jour par le parquet national financier, relayé le 24 février par les juges d'instruction.

Entre 1986 et 2013, auprès de François Fillon ou de son suppléant Marc Joulaud (2002-2007), Penelope Fillon a perçu 680.380 euros net, soit environ 3.600 euros mensuels net.

Ces emplois étaient-ils réels ou cachent-ils un détournement de fonds publics ? Gestion du courrier, de l'agenda, préparation des discours, "mon épouse a pris en charge ces tâches simples mais essentielles", a notamment justifié François Fillon.

Avec quelles preuves ? Sa femme a évoqué dans la presse "des échanges de mails" mais concède avoir gardé peu de documents. Son rôle très effacé durant toutes ses années jette le trouble. "Je n'ai jamais été son assistante", affirmait-elle en mai 2007 à une journaliste britannique.

- Deux enfants au Sénat -

François Fillon a lui-même révélé le 26 janvier avoir employé ses enfants, Marie et Charles, quand il était sénateur entre 2005 et 2007, pour 3.000 euros par mois en moyenne selon M. Fillon.

Pour quelle mission ? Des recherches en vue d'un livre, ou sur des sujets institutionnels, européens et sur des questions de société, selon les avocats des enfants, qui évoquent "plusieurs notes" et de "nombreuses journées à faire des recherches à la bibliothèque du Sénat".

Elément intriguant, une partie de ces salaires ont été rétrocédés aux parents sous forme de virements. Pour les avocats, il s'agit de "remboursements" de dépenses engagées par le couple Fillon, un mariage pour Marie, le loyer et les charges de Charles.

- Penelope employée par une revue -

Dans ce volet, François Fillon a été mis en examen pour recel et complicité d'abus de biens sociaux. Les investigations se concentrent sur les salaires touchés de mai 2012 à décembre 2013 par Penelope Fillon pour un emploi dans une revue littéraire, la "Revue des deux mondes", propriété d'un homme d'affaires proche de son époux, Marc Ladreit de Lacharrière.

Employée de mai 2012 à décembre 2013, tout en exerçant déjà à l'Assemblée, elle y touchait 3.500 euros nets par mois. Penelope Fillon évoque des "notes et des fiches de lecture", mais seules deux ont été publiées. Elle aurait aussi eu un rôle de conseil auprès de M. de Lacharrière, pour relancer la revue, ont-ils tous deux affirmé.

Dans ce contexte, les relations entre François Fillon et son ami posent question: pourquoi la société de conseil du député, fondée en 2012, a conseillé la holding de l'homme d'affaires ? Pourquoi ce dernier a-t-il prêté 50.000 euros, sans intérêts, à l'homme politique en 2013, somme qui a été depuis remboursée, mais n'a pas été déclarée ?

François Fillon est également mis en examen pour "manquement aux obligations déclaratives à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique".

M. de Lacharrière a réfuté tout lien avec son élévation sous le gouvernement Fillon au grade de grand'croix de la Légion d'honneur, une décoration prestigieuse.

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