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13/03/2017 12:08 EDT | Actualisé 14/03/2018 01:12 EDT

Référendum en Catalogne: Artur Mas banni de la fonction publique pour deux ans

BARCELONE, Espagne — L'ancien chef du gouvernement régional de la Catalogne Artur Mas fait face à une exclusion de deux ans de la fonction publique pour avoir organisé un référendum sur l'indépendance de la région du nord-est de l'Espagne en dépit d'un jugement interdisant une telle consultation populaire, a statué un tribunal lundi.

Artur Mas devra en outre payer une amende de 36 500 euros (52 439 $ CAN), a tranché le juge. Deux de ses ex-collègues devront quant à eux s'éclipser de la scène politique pour 21 et 18 mois respectivement : l'ex-vice-présidente du gouvernement régional Joana Ortega et la conseillère en matière d'éducation Irene Rigau.

Les trois personnalités politiques visées par la décision rendue lundi interjetteront appel en Cour suprême et sont même prêtes à se rendre devant les tribunaux européens, a lancé M. Mas après que le verdict eut été annoncé.

L'ex-président catalan a ajouté qu'il n'avait pas confiance au système de justice espagnol, soutenant que la loi n'était «pas la même pour tout le monde».

Au cours d'un point de presse en compagnie de Joana Ortega et d'Irene Rigau, il a fait valoir que ses ex-collègues et lui avaient été «condamnés pour défendre des idées qui ne sont pas aimées» de Madrid.

De son côté, le gouvernement central a refusé de commenter l'affaire, mais a néanmoins indiqué au diffuseur public espagnol TVE qu'il respectait la décision de la cour.

Selon le jugement en question, Artur Mas a désobéi à la Cour constitutionnelle quand il a rallié le soutien de milliers de bénévoles pour installer des bureaux de scrutin dans des écoles publiques en vue du référendum de 2015.

Joana Ortega et Irene Rigau ont été des «assistants nécessaires» dans l'organisation du vote, a tranché le tribunal, n'allant toutefois pas jusqu'à reconnaître les trois accusés coupables d'irrégularités administratives comme les procureurs le souhaitaient.

Le successeur d'Artur Mas, Carles Puigdemont, a quant à lui critiqué le jugement, le comparant à l'annonce par la première ministre écossaise, lundi, qu'elle mettrait la table pour un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse.

«Quelle différence avec les démocraties consolidées et saines», a-t-il lancé sur Twitter.