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13/03/2017 09:37 EDT | Actualisé 14/03/2018 01:12 EDT

Les pêcheurs européens en colère contre la Norvège

Les pêcheurs européens ont exhorté lundi la Norvège à respecter ses obligations internationales et à autoriser les marins de l'UE à pêcher le crabe des neiges, devenu un enjeu économique en mer de Barents.

Un tribunal norvégien avait décidé le 25 janvier que les restrictions imposées par Oslo dans deux zones surnommées "Banana Hole" et "Loop Hole" en mer de Barents et dans les eaux du Svalberg sont en contradiction avec les engagements internationaux du pays.

Europêche, principale association de pêcheurs dans l'UE, estime que cette décision doit être respectée.

"La pêche légale menée par les pêcheurs européens a été durement interrompue, forçant la flotte autorisée des pêcheurs de crabe UE à rester au port, pendant que les Norvégiens continuent d'attraper les crabes des neiges", regrette Javier Garat, président d'Europêche.

Un bateau lituanien avait été arrêté en 2016, accusé de pêcher sur une extension du plateau continental norvégien, menant à ce litige jugé en janvier et à la relaxe du pêcheur.

La pêche au crabe des neiges, aussi appelé crabe royal ou du Kamtchatka (sa région d'origine) est un commerce "croissant" dans ces eaux disputées depuis qu'il est considéré comme une espèce invasive.

Le gouvernement norvégien affirme être le seul à avoir le droit de délivrer des autorisations.

"Quand on est sur le plateau continental norvégien il n'y a que l'État côtier, la Norvège, qui peut accorder son autorisation (...) Nous en discutons avec l'UE", avait déclaré le 20 janvier le ministre de la Pêche, Per Sandberg.

Mais pour la justice norvégienne, il s'agit des eaux internationales et la décision est du ressort de la Commission des pêches de l'Atlantique du Nord-Est, à laquelle participe la Norvège.

"L'UE peut pêcher du crabe des neiges, mais dans ce cas nous voulons quelque chose en échange", avait réagi M. Sandberg.

Un conflit similaire a lieu autour du Svalberg, territoire sous autorité norvégienne selon un traité de 1920 mais avec la particularité de donner à tous les ressortissants des Etats signataires le droit d'exploiter les ressources naturelles sur un pied d'égalité.

Un différend oppose la Norvège aux autres pays sur la question de savoir si cette clause s'applique aussi au plateau continental de l'archipel.

Oslo estime avoir un droit exclusif sur les ressources des fonds marins, y compris sur les gisements potentiels de pétrole.

L'industrie de la pêche européenne "explore d'autres moyens d'action comme d'assurer ses droits légitimes auprès de la Cour internationale de justice de La Haye", explique encore Europêche.

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