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13/03/2017 08:08 EDT | Actualisé 14/03/2018 01:12 EDT

La Bulgarie veut ménager Ankara malgré une "ingérence" électorale

La Bulgarie a assuré lundi vouloir préserver la qualité de son "partenariat" avec son voisin turc, une semaine après avoir accusé Ankara d'"ingérence" dans la campagne électorale des législatives anticipées bulgares du 26 mars.

"Nous ne devons pas permettre que des déclarations d'hommes politiques avant les élections menacent ce qui est déjà acquis (entre les deux pays, ndlr). Nous avons un bon partenariat qu'il faut développer", a déclaré le ministre des Affaires étrangères intérimaire Radi Naydenov au quotidien Standart.

Le 7 mars, Sofia avait convoqué l'ambassadeur de Turquie, Süleyman Gökçe, pour dénoncer son apparition dans un clip électoral d'un nouveau parti de la minorité turque soutenu par Ankara, le Dost ("ami", en turc).

Le gouvernement s'était également élevé contre des propos du ministre turc des Affaires sociales, Mehmet Muezzinoglu, qui avait appelé les citoyens bulgares d'origine turque à voter pour cette formation. Sofia avait déploré "une ingérence directe dans les affaires intérieures" bulgares.

La minorité musulmane de Bulgarie, composée notamment de Turcs, représente environ 13% du corps électoral. Quelque 60.000 Turcs jouissant de la citoyenneté bulgare votent en Turquie.

En décembre 2015, des membres du principal parti musulman bulgare, le Mouvement pour les droits et libertés (MDL), avaient fait scission pour créer le Dost. Soutenue par Ankara, cette nouvelle formation présentera des candidats aux législatives pour la première fois.

Le journal populaire 24 Tchassa a estimé lundi que les relations bulgaro-turques avaient "touché le fond" en raison des "pressions ouvertes, brutales et sans précédent exercées par la Turquie en faveur du Dost".

M. Naydenov a toutefois appelé lundi à "ne pas tirer des conclusions globales" d'un incident de la campagne électorale.

Alors que les relations entre plusieurs pays de l'Union européenne et Ankara se sont dégradées en raison d'interdictions faites à des officiels turcs de tenir des meetings électoraux pour le référendum turc du 16 avril, Sofia craint que ne soit fragilisé l'accord migratoire UE-Turquie de mars 2016.

Comme la Grèce, la Bulgarie, qui partage quelque 270 km de frontière avec la Turquie, estime qu'elle serait touchée de plein fouet si Ankara dénonçait ce texte.

Cette menace a été brandie lundi par le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik. Les déclarations du ministre bulgare des Affaires étrangères sont antérieures à cette menace turque.

Quelque 19.000 migrants ont été enregistrés Bulgarie en 2016, dont une grande partie est restée bloquée dans le pays en raison de la fermeture de la route des Balkans vers l'ouest de l'Europe.

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