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13/03/2017 01:21 EDT | Actualisé 14/03/2018 01:12 EDT

Enquête sur les crimes de guerre: Colombo demande deux ans de plus

Le Sri Lanka a demandé à l'ONU deux années supplémentaires pour enquêter sur les crimes de guerre, a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères, alimentant les préoccupations internationales sur la "lenteur" du processus.

Pendant 37 ans, le Sri Lanka a été déchiré par de féroces combats entre la minorité tamoule et la majorité cinghalaise. Le conflit s'est achevé en mai 2009 par la victoire finale de Colombo, au prix d'un gigantesque bain de sang.

Environ 40.000 civils tamouls auraient été tués par les forces gouvernementales dans les derniers mois de la guerre.

En octobre 2015, une résolution du conseil des droits de l'Homme des Nations unies donnait 18 mois au gouvernement du président fraîchement élu, Maithripala Sirisena, pour mener une enquête crédible sur les exactions.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré avoir demandé un délai supplémentaire au Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme à Genève.

"Ce que le Sri Lanka va rechercher lors de la 34e session (du Haut commissariat), c'est un allongement de deux ans du délai pour remplir nos obligations" découlant de la résolution de 2015, a dit le ministère.

Dans un rapport récent, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'était inquiété de la "lenteur inquiétante" du processus de réconciliation. Il avait demandé que des magistrats étrangers collaborent aux enquêtes, ce que M. Sirisena a d'ores et déjà refusé.

Membre de la communauté cinghalaise, M. Sirisena avait reçu le soutien de Tamouls en promettant de rendre justice pour les abus commis par l'armée, majoritairement composée de Cinghalais. A la surprise générale, il avait battu dans les urnes l'homme fort de l'île, Mahinda Rajapakse.

Mais depuis, le discours conciliant du président tout juste élu a beaucoup évolué.

Dans son rapport, l'ONU a reconnu que l'île de l'océan Indien avait fait des pas vers la réconciliation. Mais elle a estimé que les mesures prises étaient "inadéquates, manquaient de coordination et de célérité".

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