NOUVELLES
13/03/2017 07:56 EDT | Actualisé 14/03/2018 01:12 EDT

Dopage en Russie: McLaren qualifie de chipotage les critiques à son endroit

LAUSANNE, Suisse — L'enquêteur de l'Agence mondiale antidopage (AMA) Richard McLaren a déclaré que les critiques à l'endroit de son rapport n'étaient que «du chipotage».

Des commentaires récents d'organismes sportifs, dont du Comité international olympique (CIO), ont fait état d'une traduction inadéquate de documents russes et de la possibilité que certains dossiers disciplinaires contre des athlètes visés ne tiennent pas la route.

«Si vous ne pouvez pas attaquer le fond du travail, alors attaquez ce qui se trouve en périphérie», a imagé McLaren à l'Associated Press.

«La plupart des commentaires qui sont émis sont du chipotage à propos des portions les moins importantes (du rapport), a déclaré l'avocat canadien en marge d'une conférence de l'AMA. Le fond de mon travail n'a pas été contesté.»

McLaren a présenté en détails un programme de dopage mis sur pied par le ministère russe des Sports, le Service fédéral de la sécurité (FSB) ainsi que les agences sportives et antidopage nationales et qui avait pour objectif d'aider les athlètes russes à engranger les médailles pendant les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, en 2014, ainsi qu'aux Championnats du monde d'athlétisme de Moscou, en 2013.

Quant à la qualité des traductions produites par le personnel — parlant le russe — de McLaren, ce dernier estime qu'il s'agit «d'une diversion pour obscurcir et déguiser ce qui se passe vraiment».

L'avocat canadien a dit que sa tâche était de vérifier les allégations faites par l'ex-directeur du laboratoire antidopage de Moscou Grigory Rodchenkov au sujet d'un système étatisé de dopage, non de prouver le dopage de plus de 1000 athlètes russes.

«Ce qui se passe maintenant, c'est qu'on tente de détourner mon mandat vers quelque chose qu'il n'a jamais été. Vous ne pouvez pas transformer l'examen d'un système en l'examen d'une myriade de cas individuels.»

Plus tôt dans cette conférence de l'AMA, McLaren a assisté à une conférence donnée par le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov, qui a réitéré que la Russie n'a jamais contrôlé ce programme de dopage. Kolobkov affirme même que McLaren ne le prétend plus.

Dans le rapport préliminaire de McLaren, présenté en juillet dernier, le système de camouflage de cas de dopage est décrit comme étant «infaillible et dicté par l'État». Dans le rapport final, publié en décembre, on parle plutôt de «conspiration institutionnalisée».

McLaren a indiqué que Kolobkov et lui ont discuté du changement de terminologie à la demande de la Russie, puisque cela impliquait un complot dans lequel aurait trempé le président, Vladimir Poutine, et sa «garde rapprochée».

«J'ai décidé d'accepter leur opinion, a déclaré McLaren à l'AP. Ce n'est pas nécessairement mon opinion ou celle que d'autres personnes pourraient avoir au sujet de quelque chose qui est 'parraîné par l'État'.»

Mais McLaren insiste: le changement de vocabulaire ne doit pas en minimiser l'impact.

«Les faits demeurent, a-t-il souligné. Il y avait davantage de faits en décembre. Aucun fait n'a changé. Tous ces faits sont véridiques.»