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13/03/2017 11:03 EDT | Actualisé 14/03/2018 01:12 EDT

Catastrophe ferroviaire en Espagne: l'Etat mis en cause

Un ancien directeur de l'établissement public gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol a été inculpé pour homicide dans l'enquête sur le déraillement d'un train qui avait fait 80 morts en 2013, a annoncé lundi la justice.

Jusqu'ici, seul le chauffeur du train avait été mis en cause dans ce déraillement survenu le 24 juillet 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest), pour avoir pris beaucoup trop vite un virage dangereux en étant distrait par une conversation téléphonique.

Andrés Maria Cortabitarte, directeur de la sécurité de la circulation d'Adif, le gestionnaire public du réseau ferré espagnol au moment des faits, a été mis en examen "comme responsable présumé des délits d'homicide et blessures pour imprudence grave", a annoncé le juge d'instruction dans une décision rendue publique lundi.

"Il existe des indices suffisants pour déterminer que, au moins de la part d'Adif, tout n'a pas été fait pour réduire le risque", estime le juge dans sa décision datée du 10 mars.

Le magistrat ajoute que "ce risque était évident compte tenu de la réduction significative de la vitesse qu'exigeait l'entrée dans le virage (80 km/h) précédé d'une longue ligne droite dans laquelle le train pouvait parfaitement atteindre des vitesses jusqu'à 200 km/h".

La justice avait déclaré en 2014 un non-lieu pour les responsables d'Adif, suscitant la colère des proches des victimes qui dénonçaient l'absence de mesures de prévention suffisantes, mais l'enquête avait été rouverte en mai 2016 pour déterminer la part de responsabilité de l'établissement public.

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