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12/03/2017 06:19 EDT | Actualisé 12/03/2017 07:31 EDT

Le président turc dit que les Pays-Bas «paieront» pour leurs actions

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a haussé le ton à l'égard de pays européens opposés à ses politiques, dimanche, déclarant que le "nazisme était encore vivant en Occident". Il a tenu ces propos, similaires à ceux qu'il avait réservés à l'Allemagne plus tôt ce mois-ci, après la décision par les autorités néerlandaises d'empêcher deux ministres turcs de faire campagne aux Pays-Bas.

Le président Erdogan a soutenu que les Pays-Bas "paieront le prix" pour leurs actions sans précédent.

Le gouvernement de M. Erdogan fait campagne auprès de la diaspora turque en ce qui a trait à un prochain référendum qui pourrait conférer plus de pouvoirs au président. Les Néerlandais considèrent que les réformes constitutionnelles proposées équivaudraient à un recul en matière de démocratie.

Confronté à une brouille diplomatique jamais vue avec la Turquie, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a déclaré dimanche qu'il tenterait de limiter les dégâts causés par la décision des Pays-Bas.

Après que les Pays-Bas eurent retiré son autorisation d'atterrissage, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a pu se rendre dans la ville de Metz, en France, où il s'est adressé à une foule de plus d'une centaine de personnes, dimanche. Il a déclaré que l'ambassadeur néerlandais ne pourrait plus entrer en territoire turc, ajoutant que son gouvernement a d'"autres étapes en tête" pour user de représailles.

La ministre turque de la Famille, Fatma Betül Sayan Kaya, avait pour sa part été expulsée sous escorte vers l'Allemagne _ ce qui a provoqué des émeutes devant le consulat turc à Rotterdam. Le soulèvement a fait sept blessés et mené à 12 arrestations, rapportent les autorités.

Ces incidents sont survenus deux jours après que plusieurs municipalités allemandes eurent annulé des rassemblements auxquels devaient prendre part des membres du cabinet du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a qualifié les responsables néerlandais de "fascistes" ayant recours à des "vestiges du nazisme", samedi.

Des élections nationales sont prévues, mercredi, aux Pays-Bas, où des centaines de milliers de citoyens détiennent des origines turques. Après une campagne où les questions sur l'identité, l'immigration et les relations avec la communauté musulmane ont été à l'avant-scène, le premier ministre sortant et son rival se trouvent au coude-à-coude dans les sondages.

Dimanche, M. Rutte a insisté sur l'importance de ne pas courber l'échine face à la Turquie, alors que cette dernière aurait menacé d'infliger des sanctions si ses ministres étaient refoulés.

"La Turquie est une nation fière. Les Pays-Bas sont une nation fière. Nous ne pourrons jamais faire des affaires sous ce genre de menaces et de chantage", a-t-il lancé.

"Si les Turcs choisissent de faire monter la pression, nous devrons réagir, mais nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour désamorcer la situation", a-t-il poursuivi.

Un homme a escaladé le consulat néerlandais à Istanbul, dimanche en matinée, pour y hisser le drapeau turc.

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