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Ismael Habib aurait dit « n'importe quoi » pour obtenir un passeport

Les propos islamistes que tient Ismaël Habib dans des enregistrements de la police ne sont que des mensonges, a-t-il assuré vendredi au palais de justice de Montréal, alors que la Couronne a procédé à un contre-interrogatoire plutôt bref. L'exercice a à peine duré une heure.

Les propos islamistes que tient Ismaël Habib dans des enregistrements de la police ne sont que des mensonges, a-t-il assuré vendredi au palais de justice de Montréal, alors que la Couronne a procédé à un contre-interrogatoire plutôt bref. L'exercice a à peine duré une heure.

Habib est accusé d'avoir fait de fausses déclarations dans le but d'obtenir un passeport et d'avoir voulu rejoindre le groupe armé État islamique (EI), lors d’un deuxième voyage en Syrie, en 2015.

Il a affirmé pendant son procès qu’il souhaitait aller sauver sa femme et ses enfants, retenus contre leur gré par son beau-frère Wassim Boughadou, et a soutenu vendredi qu’il était prêt à faire et à dire « n’importe quoi » pour aller les chercher.

C’est pourquoi il aurait accepté de s’adresser à ce qu’il croyait être des criminels.

«J’ai voulu me rendre intéressant [à leurs yeux]. J’avais besoin de partir et vite. Je n’avais pas d’alternative.»

- Ismaël Habib, devant le juge Serge Delisle, de la Cour du Québec, pour expliquer ses déclarations pro-terroristes de l’époque

La GRC a mené une opération de type « Mr. Big » pour coincer Ismaël Habib. À un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui prétendait être le dirigeant d’une organisation criminelle, il avait dit vouloir rejoindre les rangs de l’EI. La rencontre avait été filmée à son insu.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales Lyne Décarie a questionné l'homme âgé de 29 ans sur ce qui l’avait vraiment poussé à quitter le Canada. Elle a demandé pourquoi, s’il tenait à sa première épouse, il a cherché à rencontrer d'autres femmes à son retour au Canada, après un premier voyage en Syrie.

Le dossier d'Ismaël Habib reviendra devant le tribunal le 9 mai prochain, pour les plaidoiries finales. Le juge Serge Delisle pourra ensuite rendre un verdict.

« La preuve est close de part et d'autre, on va présenter nos arguments au mois de mai », a indiqué Me Décarie à sa sortie de la salle d'audience.

Deux voyages

Ismaël Habib a raconté cette semaine qu’au cours de l’automne 2012, alors qu’il filait le parfait bonheur avec son épouse et leur bébé, à Montréal, son beau-frère l'avait fait paniquer en lui apprenant qu'ils n'étaient plus en sécurité parce qu'ils faisaient tous deux l’objet d’une enquête de la GRC.

Ainsi, en 2013, Habib avait réussi à quitter le Canada à partir d'Halifax, s’était rendu en Algérie, puis en Turquie, pour ensuite traverser la frontière en Syrie avec Wassim Boughadou « par curiosité », a-t-il dit. Il a assuré n'avoir pris part à aucun combat, bien que les deux hommes vivaient à ce moment avec des rebelles et qu’ils s’étaient procuré des AK-47. « Tout le monde est armé » en Syrie, a-t-il justifié.

Il a affirmé avoir été forcé de fouetter un prisonnier syrien. « Dégoûté par la violence », il était reparti de la Syrie et était rentré au Canada, où son passeport avait été révoqué.

De retour à Montréal, Ismaël Habib aurait de nouveau craint d’être victime de mesures injustes de la GRC. Son ami Lyes, qui avait beaucoup d’influence sur lui, lui aurait dit que la GRC pouvait lui faire perdre la garde de ses enfants. Or, ce Lyes était en réalité un agent civil de la police, payé pour servir d'intermédiaire.

« J'ai dit à ma femme : "on n'a pas le choix, il faut que tu retournes en Algérie avec les enfants" », a-t-il raconté pendant son témoignage.

La femme de l’accusé était alors allée rejoindre sa soeur, épouse de Wassim Boughadou, en Algérie. Mais celui-ci aurait été violent et les deux femmes se seraient enfuies avec leurs enfants.

C’est pour aller les chercher qu’il aurait pris les grands moyens pour mettre la main sur un passeport et quitter de nouveau le Canada.

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