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09/03/2017 04:04 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Tournoi-2017 - Italie: Tout changer, le défi de O'Shea

Un peu moins d'un an après l'arrivée de Conor O'Shea à sa tête, le XV d'Italie reste une équipe fragile et irrégulière. Mais l'Irlandais peut déjà se prévaloir de quelques beaux succès et continue à assurer qu'il est possible de changer en profondeur le rugby italien.

L'Italie de O'Shea est cette équipe capable de battre l'Afrique du Sud en novembre puis de perdre une semaine plus tard face aux Tonga, ou de prendre plus de 60 points contre l'Irlande puis de rester à deux points de l'Angleterre jusqu'à 10 minutes du terme.

Nommé après la pénible fin de l'ère Jacques Brunel, O'Shea est en fait engagé sur un double chantier: réformer en profondeur le rugby italien et consolider le XV azzurro qui en est la vitrine.

Pour ce qui concerne le terrain, l'Irlandais répète régulièrement qu'il ne s'agit pas pour l'Italie de gagner le Tournoi ou la Coupe du Monde, mais de "devenir l'équipe contre qui personne ne veut jouer".

Il dit aussi vouloir "changer la perception que les autres ont de l'Italie" et faire des Azzurri des acteurs du match et non plus de simples victimes.

L'incroyable coup tactique tenté et réussi à Twickenham va dans ce sens: avec cette innovation du "no-ruck", le staff italien a gagné sur plusieurs tableaux, regonflant à bloc des joueurs blessés après la lourde défaite concédée contre l'Irlande, chassant la résignation qui gagnait les rangs des observateurs et légitimant à nouveau la présence de l'Italie dans le Tournoi.

Avec son staff très renforcé (Mike Catt, Brendan Venter), O'Shea s'attache par ailleurs à rapprocher le niveau de préparation des Italiens de celui des meilleurs.

"En devenant vraiment professionnel, pour que les joueurs n'aient plus d'excuses", explique-t-il. "Pour l'instant on ne leur offre pas tout ce dont ils ont besoin: soutien physique, psychologique, nutritionnel."

Dès sa prise de fonction, l'ancien arrière du XV d'Irlande avait d'ailleurs diagnostiqué un problème athlétique. "Les Italiens s'entraînent peu", disait-il. "Il y a des joueurs qui évoluent à haut niveau sans être entraînés pour ça".

- 'tellement plus' -

Mais la mission confiée à O'Shea va au-delà du XV d'Italie. "Pour l'instant nous sommes concentrés sur le Tournoi, mais dès le lendemain du dernier match, on devra commencer les changements", a-t-il ainsi déclaré après le match face à l'Angleterre.

Ces changements, ils doit les mener en compagnie d'un autre Irlandais, Stephen Aboud, qui est lui chargé de tout revoir: les équipes de jeunes, les centres de formation, les rapports entre sélection, franchises et clubs.

"Nous avons cherché ceux qui pouvaient relancer le haut niveau mais aussi donner forme au futur", expliquait l'année dernière le président de la fédération italienne Alfredo Gavazzi.

"Nous avons un superbe groupe, qui a la volonté de changer le rugby italien. C'est notre objectif. Nous savons que c'est difficile mais nous allons réussir", assure de son côté O'Shea.

C'est aussi l'avis de Danny Care, demi-de-mêlée de l'équipe d'Angleterre, champion d'Angleterre en 2012 avec les Harlequins sous les ordres de l'Irlandais.

"Je pense qu'il est parfait pour ce boulot. Il a cet optimisme contagieux, cette confiance. C'est la personne la plus positive que j'ai jamais rencontrée", a-t-il dit à l'agence Press Association.

"Il va faire tellement plus que de s'occuper seulement de l'équipe nationale. Il va aller dans tous les clubs d'Italie et donner envie à tous les enfants et à tous les joueurs, les garçons, les filles, quel que soit leur âge, d'aller jouer au rugby", a-t-il ajouté.

Pour un pays qui assure déjà travailler à l'après Mondial-2019, qui sera aussi l'après-Sergio Parisse, il faudra au moins ça.

stt/al