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09/03/2017 09:51 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Réélection de Tusk à l'UE: Varsovie dénonce le "diktat de Berlin"

La reconduction jeudi du Polonais Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, à laquelle s'opposait Varsovie, est le signe que l'Union européenne est soumise au "diktat de Berlin", a dénoncé le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski.

La chef du gouvernement conservateur nationaliste polonais Beata Szydlo, a été la seule jeudi à Bruxelles à voter contre la réélection de M. Tusk qui était appuyé par les 27 autres délégations nationales.

"La façon dont cela a été réalisé nous en dit long sur l'Union européenne et où elle va. Nous savons maintenant que c'est une UE sous le diktat de Berlin", a déclaré M. Waszczykowski, interrogé par le site polonais de droite wpolityce.pl.

Selon lui, la réélection de M. Tusk s'inscrit dans le contexte des récentes annonces d'une Europe "à plusieurs vitesses" faites à l'issue du mini-sommet de Versailles qui a réuni lundi les dirigeants allemand, français, italien et espagnol.

"Une association européenne dangereuse est en train d'éclore, très toxique, qui risque de nuire à nombre de pays", a insisté M. Waszczykowski.

Le ministre polonais a soupçonné un jeu "de pressions et de chantages" d'être à l'origine de l'échec des tentatives de Varsovie de faire remplacer M. Tusk par l'eurodéputé Jacek Saryusz-Wolski, lui aussi polonais.

"Il faut analyser le fonctionnement de ces mécanismes car beaucoup de décisions ont été prises dans les couloirs, dans notre dos. Nous voulons savoir quels instruments, chantages ou pressions ont été utilisés pour s'opposer à notre candidat et en faveur de Donald Tusk. Nous allons le vérifier et réagir", a déclaré M. Waszczykowski.

De son côté, Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti conservateur nationaliste polonais Droit et Justice (PiS) a accusé Donald Tusk d'avoir "rompu avec la loyauté envers son propre pays" et il a salué "le grand courage de la Première ministre qui a défendu les intérêts polonais. Elle a su s'opposer à tout le monde".

"La Pologne retrouve sa souveraineté", s'est félicité M. Kaczynski qui, bien que n'occupant aucune fonction institutionnelle, est considéré comme l'inspirateur de toutes les décisions importantes du gouvernement.

Par ailleurs, M. Kaczynski s'est dit déçu par l'attitude du Premier ministre hongrois Victor Orban qui, en dépit des attentes de Varsovie, a soutenu Donald Tusk.

sw/gde