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09/03/2017 03:01 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Législatives bulgares: socialistes et conservateurs au coude-à-coude (sondage)

Les socialistes et les conservateurs du parti Gerb de l'ex-Premier ministre bulgare Boïko Borissov, au coude-à-coude avant les élections anticipées du 26 mars, pourraient avoir du mal à trouver une majorité de gouvernement, selon un sondage Gallup publié jeudi.

Ce scrutin fait suite à la démission à mi-mandat de M. Borissov, en novembre, après un échec de sa candidate à la présidentielle face à un candidat soutenu par les socialistes, Roumen Radev.

Dans un sondage publié jeudi, l'institut Gallup accorde au Parti socialiste (PSB) 30,2% des intentions de vote, devant le Gerb, crédité de 28,3%.

L'écart entre les deux formations se situe "dans le cadre de la marge d'erreur statistique" de cette étude effectuée du 27 février au 5 mars auprès de 1.003 personnes, a souligné Gallup.

S'ils sont confirmés dans les urnes lors du scrutin à un tour du 26 mars, organisé selon un mode proportionnel, ces scores ne garantiront de majorité de gouvernement à aucun des deux camps, selon les analystes.

"Ce n'est pas tant (le résultat du) 26 mars qui compte, mais la capacité de trouver des partenaires pour un gouvernement", a reconnu jeudi M. Borissov à la télévision bTV.

Le dirigeant conservateur avait gouverné de 2014 à 2016 en coalition avec le Bloc réformateur, avec le soutien sans participation des nationalistes du Front patriotique.

Ce parti a toutefois rejoint une coalition nationaliste plus large, les Patriotes unis. Donné à 11,9% par Gallup, ce mouvement est susceptible selon les analystes de s'allier aussi bien au PSB qu'au Gerb.

Deux autres formations, le parti de la minorité turque MDL et le nouveau parti Volia (Volonté) de l'homme d'affaires Vesselin Marechki, apparaissent également assurés de franchir la barre des 4% permettant d'entrer au Parlement, avec respectivement 8,2% et 7,4% des intentions de vote.

La perspective est plus incertaine pour le Bloc réformateur, une coalition de partis de droite créditée de 4,3%, selon Gallup.

La campagne est principalement axée sur la lutte contre la corruption et le pouvoir d'achat, dans ce pays le plus pauvre de l'Union européenne. Les principaux partis ont promis une hausse importante des salaires et des pensions des retraites, les socialistes insistant en outre sur des mesures en faveur des jeunes afin de réduire l'émigration.

Les socialistes et les nationalistes plaident par ailleurs pour un rapprochement avec Moscou, accusant Bruxelles de traiter les Bulgares d'Européens de "seconde zone", quand M. Borissov insiste sur l'importance des fonds structurels de l'UE pour le développement du pays.

Un sondage effectué du 23 au 26 février auprès de 1001 personnes par l'institut Market Links avait lui aussi fait état d'une parité des intentions de vote entre le PSB et le Gerb, à 21,4% et 20,8% respectivement.

Après deux années de relative stabilité politique, les analystes et le monde économique redoutent une nouvelle période de turbulences à l'issu de ce troisième scrutin législatif en moins de quatre ans.

M. Borissov a laissé entendre jeudi que le prochain gouvernement ne serait selon lui pas à même d'aller au terme de son mandat de quatre ans.

Un référendum d'initiative populaire organisé à l'automne a dégagé une vaste majorité en faveur d'un passage à un mode de scrutin majoritaire à deux tours pour l'élection du Parlement bulgare, censé favoriser l'émergence de majorités stables.

La prochaine assemblée sera légalement tenue de mettre cette proposition à son ordre du jour et sera soumise "à une énorme pression" de l'opinion publique par valider cette initiative, a relevé M. Borissov.

vs/phs/glr