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09/03/2017 07:18 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

La présidentielle en France risquée pour l'Europe (Credit Suisse)

L'élection présidentielle en France constitue "le principal risque pour l'Europe", estiment les économistes de Credit Suisse, qui ont lancé jeudi un baromètre sur les risques pour les marchés financiers en amont des grands scrutins européens.

Les électeurs de trois grands pays fondateurs de l'Union Européenne, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne, doivent tour à tour se rendre aux urnes cette année, ce qui pourrait entraîner une hausse de la prime de risque sur les marchés.

"Les prochaines élections dans les pays fondateurs risquent de redéfinir le paysage politique de l'UE", ont estimé les économistes de Credit Suisse, le numéro deux du secteur bancaire helvétique, cités dans un communiqué.

Les marchés sont susceptibles de considérer les législatives néerlandaises, qui se tiendront le 15 mars, comme un "signal" pour les élections "cruciales" en France, ont-ils ajouté.

"Les élections présidentielles françaises représentent le principal risque pour l'Europe cette année", ont-ils jugé.

Ces scrutins interviennent alors que les marchés financiers ont connu de fortes secousses au lendemain du référendum britannique sur la sortie de l'UE et que resurgissent les questions liées à la dette grecque.

Pour permettre aux investisseurs d'appréhender ces risques politiques, les économistes de Credit Suisse ont mis en place un baromètre, assorti de trois scénarios.

Le premier prévoit une victoire de candidats "favorables aux réformes" et "pro-européens" aux élections françaises et allemandes.

Le scénario médian s'articule lui autour de l'idée que les querelles de partis retarderont la formation d'un gouvernement aux Pays Bas et envisage qu'Emmanuel Macron remporte la présidentielle française mais ait ensuite la tâche "peu enviable" de constituer un gouvernement stable avec une ligne claire par-delà les clivages politiques.

Le troisième scénario envisage lui une élection de Marine Le Pen à la présidence qui créerait "des discordances au sein de l'Union Européenne".

Ce baromètre, qui évalue les préoccupations des marchés sur une échelle de 1 à 10, se situe actuellement au niveau 2, l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen n'étant pas retenue dans le scénario médian.

"Tout resserrement des sondages en sa faveur générerait un niveau élevé de volatilité sur les marchés", ont néanmoins estimé les économistes de Credit Suisse.

Ce baromètre, qui sera mis à jour régulièrement, est compilé sur la base de données de marchés collectées sur les dix dernières années, qui englobent notamment la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, la crise grecque et le Brexit.

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