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09/03/2017 09:35 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

La CIJ rejette la demande de Sarajevo de rejuger la Serbie

La Cour internationale de Justice (CIJ) a annoncé jeudi avoir rejeté la demande de Sarajevo de rejuger la Serbie, qui avait été disculpée en 2007 de l'accusation d'avoir orchestré un génocide en Bosnie dans les années 1990, cette requête n'ayant pas reçu l'aval des institutions bosniennes.

"La Cour a considéré (...) qu'aucune décision n'a été prise par les autorités compétentes de demander, au nom de la Bosnie-Herzégovine en tant qu'Etat, la révision de l'arrêt du 26 février 2007", lit-on dans un communiqué de la plus haute instance judiciaire des Nations unies, qui siège à la Haye.

Précisant qu'elle "n'était pas valablement saisie de la question", la cour ajoute qu'"aucune suite ne peut donc être donnée au document".

La révision de l'arrêt avait en effet été réclamée le 23 février avec le seul aval du membre bosniaque musulman de la présidence de Bosnie, Bakir Izetbegovic, sans une décision préalable de la présidence collégiale (serbe, croate, bosniaque). Cette initiative a provoqué l'ire des Serbes des Bosnie et de la Serbie.

En conférence de presse à Banja Luka, la capitale de l'entité des Serbes de Bosnie, le membre serbe de la présidence bosnienne, Mladen Ivanic, a salué la décision de la CIJ, une "preuve", selon lui, que "personne ne peut prendre des décisions au nom de la Bosnie, sauf ses propres institutions".

Bakir Izetbegovic a pour sa part dénoncé une "décision politique" du tribunal.

"L'institution baptisée la Cour internationale de justice a décidé de claquer la porte au nez de ceux qui réclament la justice", a-t-il déclaré en conférence de presse à Sarajevo.

Saisie en 1993 par la Bosnie, la CIJ avait qualifié en 2007 de génocide un épisode du conflit bosnien : le massacre de quelque 8.000 hommes et garçons bosniaques musulmans de Srebrenica (est) par les forces serbes de Bosnie en juillet 1995.

Mais la cour avait jugé que la Serbie ne pouvait pas être reconnue coupable d'avoir orchestré ce massacre et que, par conséquent, elle n'avait "pas commis de génocide" en Bosnie.

La guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95) avait fait près de 100.000 morts et plus de deux millions de réfugiés.

La Bosnie disposait de dix ans pour éventuellement réclamer un réexamen de ce verdict, dans le cas où il y aurait de nouvelles preuves, ce qui avait finalement été fait trois jours avant l'expiration de ce délai.

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