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09/03/2017 09:09 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

L'ONU veut réduire ses subventions aux pays des auteurs d'abus sexuels

Les Nations unies envisagent de nouvelles mesures destinées à éradiquer les abus sexuels croissants commis par leur personnel de maintien de la paix, notamment en réduisant ses subventions aux pays d'origine des auteurs de ces maltraitances.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a indiqué jeudi dans un rapport annuel que le nombre de cas d'exploitations ou d'abus sexuels impliquant des Casques bleus et des civils employés dans les missions onusiennes avait bondi à 145 en 2016, contre 99 l'année précédente.

Cette augmentation, selon le rapport, s'explique par le fait que de plus en plus de victimes sortent du silence.

M. Guterres a suggéré de retenir des financements prévus pour les pays d'origine qui n'enquêteraient pas sur les faits reprochés à leurs ressortissants.

Ces fonds seraient alors réorientés vers un fond d'aide aux victimes.

Des responsables onusiens ont précisé, lors d'une conférence de presse, qu'une telle retenue était d'ores et déjà mise en oeuvre: 49.000 dollars ont ainsi été transférés à un tel fond.

L'organisation internationale a été secouée par une vague d'accusations d'abus sexuels perpétrés par des Casques Bleus déployés dans le cadre de missions de protection des civils.

M. Guterres, qui a pris les commandes de l'ONU en janvier, a reconnu que l'organisation "continuait d'être confrontée au fléau d'exploitations et d'abus sexuels, malgré les efforts importants déployés depuis plusieurs années pour le régler".

Le plus grand nombre de cas a été répertorié au sein de quatre missions: la Minusca en République centrafricaine, la Monusco en République démocratique du Congo, la Minustah en Haïti et la Minuss au Soudan du Sud.

En vertu de la réglementation onusienne, il appartient à chaque pays d'enquêter et de sanctionner le cas échéant ses ressortissants.

Le patron des Nations unies a appelé à la nomination d'un expert ad hoc spécialiste des droits de l'homme pour défendre les droits des victimes, qui rapporterait directement au secrétaire général.

Il a également plaidé pour la nomination d'un défenseur des droits des victimes dans les quatre missions les plus affectées.

Autre proposition: la création d'une équipe d'enquêteurs pour mieux examiner les accusations.

Les associations de défense des droits de l'homme se plaignent de l'absence de mise en responsabilité du personnel des missions, dont beaucoup ont échappé à toute enquête ou n'ont écopé que de sanctions légères.

cml/elm/are