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09/03/2017 07:34 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Colombie: la paix avec les Farc "ne suffira pas" à arrêter la violence (CICR)

L'accord de paix signé entre les autorités colombiennes et la guérilla des Farc "ne suffira pas à en finir avec la violence en Colombie", ce qui "prendra des décennies", a estimé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) jeudi.

En 2016, "en dépit de l'indubitable amélioration de la situation humanitaire", le CICR "a répertorié 838 possibles infractions au Droit international humanitaire (DIH) et à d'autres principes humanitaires, qui ont affecté plus de 18.600 personnes", précise l'organisme dans son rapport annuel.

Ces infractions, qui dans 40% des cas affectent des femmes et des mineurs, constituent des violations aux règles de protection des civils et incluent des faits graves d'homicides, de tortures, de violences sexuelles et de déplacements forcés.

Le chef du CICR en Colombie, Christoph Harnisch, a appelé à appliquer "de manière rapide et efficace" l'accord "historique" entre la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) et le gouvernement, signé en novembre pour en terminer avec plus de 52 ans de guerre interne.

Il a averti que cela ne suffira pas à mettre fin à la violence, le rapport soulignant toutefois que le cessez-le-feu bilatéral en vigueur depuis fin août a permis que "la situation dans de nombreux lieux" se soit "améliorée significativement".

"Construire un pays en paix requiert l'effort de tous et prendra des décennies", a-t-il ajouté.

Pour le CICR, la violence "qui ne cesse pas" se manifeste dans des quartiers urbains et par le confinement de civils dans des zones rurales que se disputent d'autres groupes armés illégaux, se traduisant par des menaces, des déplacements forcés et des combats prenant des populations sous leurs feux croisés.

Pendant que "la mise en oeuvre de l'accord avance" avec les Farc, "la reconfiguration d'autres acteurs armés se traduit par une géographie changeante de la violence, pleine d'incertitudes". "Des affrontements entre forces publiques et groupes armés (...) mettent en évidence que respecter la promesse de la paix sera une voie difficile en 2017", avertit le rapport.

Le CICR estime donc que "les ravages" de la violence - avec officiellement au moins 301.900 victimes (morts, déplacés et disparus) depuis 2013 - sont l'un des principaux défis de la Colombie dans les années à venir.

Le conflit a fait quelque huit millions de victimes, dont plus de 260.000 morts, de 60.000 disparus et de 6,9 millions de déplacés. La Colombie est selon l'ONU le deuxième pays du monde qui comptait l'an dernier le plus de déplacés internes, après la Syrie.

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