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09/03/2017 07:13 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Chypre : Ankara dénonce l'"attitude agressive" de la partie grecque

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a accusé jeudi le gouvernement chypriote d'avoir une "attitude agressive" qui, selon lui, nuit aux pourparlers soutenus par l'ONU sur la réunification de Chypre, actuellement bloqués en raison d'une polémique sur des commémorations dans les écoles.

"La partie grecque continue malheureusement d'avoir une attitude agressive en ignorant les points sensibles" de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée et uniquement reconnue par Ankara), a déclaré M. Yildirim au cours d'un déplacement dans cette partie de l'île.

Le vote par le Parlement chypriote d'une loi relative à la commémoration dans les écoles d'un référendum de 1950 au cours duquel les Chypriotes grecs s'étaient massivement prononcés en faveur du rattachement à la Grèce, a suscité la colère de la partie nord de l'île.

"Il est évident que cette attitude (...) ne fera pas avancer le processus de négociation", a-t-il ajouté au cours d'un point de presse à Nicosie avec le dirigeant de la RTCN, Mustafa Akinci.

Cette dispute a jeté un froid sur les négociations visant à réunifier, sur la base d'un Etat fédéral bicommunautaire, cette île méditerranéenne qui est divisée depuis 1974.

Cette année-là, l'armée turque a envahi le tiers nord de ce territoire en réaction à un coup d'Etat manqué de nationalistes chypriotes grecs en vue de rattacher Chypre à la Grèce. Cette guerre a fait des milliers de morts et de disparus et quelque 200.000 déplacés.

Outre la polémique sur l'école, plusieurs pierres d'achoppement avaient quelque peu douché les espoirs des observateurs, notamment la question de la présence militaire turque dans la partie nord de l'île, Ankara refusant un retrait total.

Le président chypriote Nicos Anastasiades a récemment déclaré qu'il ne s'attendait pas à une reprise des pourparlers avant un référendum clé en Turquie, le 16 avril, sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, lequel a musclé son discours nationaliste avant le scrutin.

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