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09/03/2017 08:04 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Chili : un mois de grève à Escondida, la plus importante mine de cuivre du monde

C'est le plus long conflit de son histoire : la grève sur le site chilien d'Escondida, la plus importante mine de cuivre du monde, est entrée jeudi dans son deuxième mois, sans perspective de sortie à court terme de cette crise scrutée par les marchés.

Les grévistes, dont un millier se relaient dans un campement monté à proximité du gisement à ciel ouvert, en plein désert d'Atacama (nord), affichent leur détermination malgré les conditions climatiques difficiles (soleil et vent la journée, froid la nuit).

"Si nous devons être ici encore un mois, nous le serons, car nous avons toute la force et l'envie de continuer", confie à l'AFP un mineur ayant requis l'anonymat.

La mine, qui produit près de 5% du cuivre mondial, est paralysée depuis le 9 février, après l'échec d'une négociation en vue de la reconduction des accords collectifs signés il y a quatre ans.

Officiellement, au bout de 30 jours de grève (une échéance qui sera atteinte vendredi, compte tenu du mois de février plus court), la direction peut commencer à négocier individuellement avec chaque mineur et éventuellement embaucher des remplaçants.

"Cela fait un mois que nous sommes là à lutter pour nos droits et nous n'allons pas permettre qu'ils remettent en marche cette mine si facilement", prévient le même mineur, installé à l'un des points contrôlant d'accès au campement.

Les salariés, dont la précédente longue grève remonte à 2006 (25 jours d'arrêt de travail), réclament à l'entreprise - propriété du groupe anglo-australien BHP Billiton - le maintien des avantages négociés en 2013 et des temps de repos.

Ils refusent également que ces avantages ne profitent pas aux nouveaux embauchés, comme le souhaite la direction, et exigent un bonus d'environ 40.000 dollars et une hausse des salaires de 7%.

"Nous envisageons que la grève aille peut-être au-delà des 60 jours", expliquait cette semaine le directeur du syndicat, Carlos Allendes, assurant : "Actuellement il n'y a pas de négociations. Nous sommes au point mort mais nous sommes sereins".

La dernière réunion entre les deux parties a eu lieu il y a deux semaines, sans permettre de parvenir à un accord ni de fixer de date pour une prochaine rencontre.

- Long conflit -

Tandis que les mineurs se déclarent prêts à tenir, la direction de BHP Billiton, qui vient d'annoncer un bénéfice de 3,2 milliards de dollars pour le second semestre 2016, a elle aussi dit être préparée pour un long conflit.

Mardi, des représentants de la direction ont d'ailleurs porté plainte contre le blocage du site par les grévistes.

La mine Escondida, qui emploie 2.500 personnes, produit environ 927.000 tonnes de métal rouge par an.

La perspective d'une grève sur ce site majeur avait déjà provoqué une hausse de 12% du prix du cuivre en janvier, après quatre ans de chute due à la moindre demande de la Chine, le principal acheteur.

Et ce conflit social est particulièrement surveillé par les marchés : "La grève en cours à Escondida ne montre aucun signe de règlement, les tensions grimpant avec une flambée de la violence", observait lundi, dans une note, l'analyste Dane Davis de Barclays.

Le 1er mars, un groupe de manifestants avait ainsi bloqué la route menant à la mine et trois d'entre eux ont été blessés, selon leur syndicat, quand la police est intervenue pour les déloger.

Cependant, souligne l'analyste, se disant "un peu surpris", les cours du cuivre ne semblent pas avoir été récemment pas dopés par ce conflit, en raison de stocks déjà bien fournis et d'une demande chinoise en berne.

Unicredit relevait aussi mercredi dans une note que "tandis que les prix du cuivre avaient réussi à passer la barre des 6.000 dollars la tonne en février, ils ont replongé sous les 5.900 dollars la semaine dernière et sont même sous les 5.800 à l'heure où nous écrivons".

Le mouvement de grève a jusqu'à présent empêché la production d'environ 110.000 tonnes de cuivre à Escondida. En février le Chili, premier producteur de métal rouge du monde avec près d'un tiers de l'offre globale, a vu sa production chuter de 12%.

pa-bur/ka/bds

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