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09/03/2017 10:55 EST | Actualisé 10/03/2018 00:12 EST

Au plus bas de l'année, le pétrole achève une nouvelle journée difficile

Les cours du pétrole ont nettement baissé jeudi pour finir au plus bas depuis la fin 2016, poursuivant une chute engagée la veille dans un contexte d'inquiétudes renouvelées sur une offre élevée.

Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, a perdu 1 dollar à 49,28 dollars sur le contrat pour livraison en avril au New York Mercantile Exchange (Nymex), soit la première fois depuis décembre qu'un cours de référence finit à moins de 50 dollars.

"Le plongeon continue", a résumé Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Après trois mois de stagnation, le marché pétrolier s'est brusquement réveillé mercredi avec une chute de près de trois dollars le baril, soit plus de 5%, et, loin de se reprendre jeudi, il a amplifié le mouvement.

Principale explication avancée par les analystes, "la hausse conséquente des réserves" américaines, comme l'a évoquée M. Lipow.

Le ministère de l'Energie, qui faisait état depuis plusieurs semaines de stocks de brut à des records, a enfoncé le clou mercredi en annonçant un bond de quelque huit millions de barils.

Même si le marché n'a donc pas manqué de facteurs de baisse, les observateurs s'accordaient à reconnaître que ces mouvements avaient été accentués par une situation particulièrement spéculative.

"Il y avait eu tant de paris à la hausse sur le marché pétrolier qu'à force de le voir échouer à vraiment progresser, certains investisseurs en ont eu assez et ont commencé à liquider leurs positions", a résumé Kyle Cooper, de IAF Advisors.

Il jugeait que le mouvement était accentué par le passage de seuils perçus comme symboliques par certains investisseurs.

De fait, la chute des cours a pu avoir un effet autoréalisateur, notamment auprès "d'investisseurs spéculatifs qui attendaient de voir si les baisses de production par l'Opep et d'autres pays seraient suivies d'effets", selon les termes de M. Lipow.

Les membres du cartel appliquent depuis le début de l'année des accords de baisses de l'offre, aux côtés de producteurs extérieurs comme la Russie, mais les chances d'une bonne mise en oeuvre et d'une application durable fait encore l'objet de débats chez les analystes.

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