POLITIQUE
08/03/2017 03:21 EST | Actualisé 08/03/2017 03:26 EST

Justin Trudeau veut «ouvrir les plaies» de l'intolérance pour mieux les «désinfecter»

À son avis, il faut parler des sujets qui rendent les Canadiens «inconfortables».

OTTAWA – Le débat sur l’islamophobie à la Chambre des communes était-il nécessaire? Le premier ministre Justin Trudeau croit qu’il était temps d’«ouvrir des plaies pour les désinfecter» sur ce sujet qui rend certains Canadiens « inconfortables » à son avis.

Le premier ministre a fait cette déclaration devant les 338 jeunes femmes assises aux bureaux des députés pour marquer la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Lors d’une période de questions, une des participantes qui porte le hijab lui a demandé ce qu’il comptait faire pour faire adopter une motion qui vise à condamner l’intolérance à l’endroit de musulmans.

«Si M-103, qui condamne l’islamophobie, réussit à faire réaliser qu’il y a des gens inconfortables avec cette idée, qu’il y a des gens qui ont encore des problèmes avec l’idée que nous pourrions condamner la discrimination contre les musulmans, alors nous devons le savoir. Nous devons exposer cela et nous devons nous en occuper comme société», a-t-il dit.

« Alors, avons-nous un problème d'islamophobie dans ce pays? Oui, nous en avons un. Avons-nous un problème avec d'antisémitisme dans ce pays? Oui, nous en avons un. Avons-nous un problème de discrimination et de haine dans ce pays? Oui, nous en avons un. Et nous devons en parler. »

La motion, qui a créé d’intenses débats dans les dernières semaines, propose de «condamner l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques» et demande au Comité permanent du patrimoine canadien d’entreprendre des études pour une approche pangouvernementale pour éliminer les formes de discriminations fondées sur le racisme et la religion.

Plusieurs députés conservateurs se sont opposés à cette motion, sous prétexte qu’elle n’était pas assez inclusive ou qu’elle allait limiter la liberté d’expression. Des candidats à la direction du parti ont même participé à un rallye organisé par le site de droite The Rebel pour s’opposer à cette motion, qui n’est pourtant pas une loi.

Mardi, Trudeau avait un message pour certains d’entre eux. «C’est facile de récolter des votes par la peur. C’est facile de dire quelque chose pour tenter de monter un voisin contre l’autre, a-t-il dit. Si vous le faites de façon sournoise avec du langage codé, peut-être que la majorité ne vous en tiendra pas rigueur. Peut-être que votre message réussira à se glisser entre les mailles.»

Il a par la suite enjoint la «majorité silencieuse» au Canada «qui n’est pas intolérante, qui n’est pas fanatique» à être «un peu moins silencieuse» pour dénoncer l’islamophobie et toutes les autres formes de discrimination.

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