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07/03/2017 01:29 EST | Actualisé 08/03/2018 00:12 EST

Thaïlande: l'armée renonce à poursuivre trois militants des droits de l'homme

L'armée thaïlandaise a renoncé mardi à poursuivre trois militants thaïlandais des droits de l'homme pour diffamation pour leur rapport évoquant des tortures commises par les militaires sur des prisonniers dans le sud du pays.

L'armée, qui est à la tête du pays depuis un coup d'Etat en mai 2014 et qui est déployée dans le sud de la Thaïlande en proie à une insurrection, était visée par le rapport.

Les accusés, Pornpen Khongkachonkiet, président d'Amnesty International Thaïlande, Anchana Heemmina et Somchai Homlaor, encouraient jusqu'à sept ans de prison.

Leur rapport publié par l'ONG Cross Cultural Foundation avait compilé les témoignages de 54 anciens prisonniers qui racontaient les coups, les suffocations et les menaces de mort lors de leur période de détention.

"Nous ne voulions pas que les trois militants soient punis", a déclaré Pramote Prom-in, porte-parole de l'armée thaïlandaise dans le Sud.

Depuis l'arrivée des militaires au pouvoir de nombreux critiques de la junte et militants des droits de l'homme ont été poursuivis.

"Les développements d'aujourd'hui sont très positifs et nous encourageons le gouvernement thaïlandais à prendre d'autres mesures pour renforcer les moyens de protéger les défenseurs des droits de l'homme", a déclaré Laurent Meillan, du bureau régional du Haut-commissariat aux droits de l'Homme (OHCHR).

Dans cette région rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle, la loi martiale est en vigueur et permet aux forces de l'ordre de détenir des suspects pendant six semaines sans inculpation.

Les insurgés du sud de la Thaïlande, d'ethnie malaise et de religion musulmane, s'estiment victimes de discrimination dans un pays essentiellement bouddhiste. Depuis 2004, le conflit a fait plus de 6.500 morts, majoritairement civils.

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