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07/03/2017 15:26 EST | Actualisé 08/03/2018 00:12 EST

Sénégal: le maire de Dakar inculpé et écroué pour détournement de fonds (avocat à l'AFP)

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, dissident de la majorité au pouvoir et probable candidat à la présidentielle de 2019 au Sénégal, a été inculpé mardi soir, notamment pour détournement de fonds publics, et placé sous mandat de dépôt, a annoncé à l'AFP un de ses avocats.

Les chefs d'inculpation retenus à l'encontre de Khalifa Sall sont ceux "d'escroquerie portant sur des deniers publics, de détournement de deniers publics, d'association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux", a affirmé l'avocat, Me Bamba Cissé.

Selon lui, le juge d'instruction a ordonné son incarcération. Cinq autres collaborateurs du maire de Dakar ont aussi été placés sous mandat de dépôt.

Le 3 mars, le procureur de la République de Dakar, Serigne Bassirou Guèye, avait annoncé lors d'une conférence de presse qu'une information judiciaire allait être ouverte contre Khalifa Sall, évoquant un détournement de plus de 2,7 millions d'euros.

Un rapport de l'Inspection générale d'Etat (IGE) indique que des fonds d'un montant de 1,83 milliard de FCFA (plus de 2,7 millions d'euros) ont été "pris des caisses" de la Ville de Dakar "sans justification", avait expliqué M. Guèye.

"On demande que ce soit justifié" parce que les pièces censées le faire n'ont pas été produites, avait ajouté le procureur.

Khalifa Sall, un ancien ministre, dirige la capitale du Sénégal depuis 2009. Il est un des responsables du Parti socialiste (PS) et est perçu comme un probable candidat à la prochaine présidentielle.

Le PS, formation qui a dirigé le pays de 1960 à 2000, est membre de la coalition autour de l'actuel président Macky Sall mais Khalifa Sall, en dissidence dans son parti et au sein de la majorité, a annoncé qu'il présenterait sa propre liste de candidats aux législatives du 30 juillet.

Khalifa Sall a régulièrement réfuté ces derniers jours les accusations de détournement à son encontre.

Il avait été convoqué et entendu les 21 et 22 février, pendant plusieurs heures d'affilée, par la division des investigations criminelles (DIC, police judiciaire) sur sa mauvaise gestion présumée. Convoqué lundi par le juge d'instruction, M. Sall avait vu son audition ensuite renvoyée à mardi après-midi.

Après son inculpation et son incarcération, le collectif de ses avocats a dénoncé une manoeuvre politique. "Cette arrestation et cette détention n'ont pour but que de freiner Khalifa Sall dans ses ambitions politiques", a assuré le collectif dans une déclaration lue devant la presse au tribunal, évoquant les législatives de juillet et la présidentielle de 2019.

mrb-cs/mca