BIEN-ÊTRE
07/03/2017 03:27 EST | Actualisé 07/03/2017 03:27 EST

La relâche: plaisir pour les enfants, casse-tête pour les parents

kali9 via Getty Images
A happy mother with her three children outdoors in the fall, sitting on the back of a pickup truck, dressed for cool weather in jackets and winter hats. They are laughing together, having a good time.

La semaine de relâche a 40 ans cette année dans la région de Québec, où elle a vu le jour dans la province. Mais depuis son implantation, les familles québécoises se sont transformées. Conséquence : cette semaine de congé synonyme de plaisirs pour les enfants représente pour bien des parents un véritable défi organisationnel et financier.

« Pour beaucoup de familles, ce moment-là dans l’année cause de sérieux casse-tête quand, par exemple, on ne peut pas prendre de congés ou quand le service de garde n’offre pas les services pour accueillir les enfants », souligne Marie Rhéaume, directrice générale du Réseau pour un Québec Famille.

Lorsque la semaine de relâche a vu le jour en 1977, une grande proportion des mères étaient au foyer alors qu’aujourd’hui, 76 % des parents travaillent, selon une étude de l'Institut de la statistique réalisée en 2015. « Ça demande une organisation supplémentaire », affirme Mme Rhéaume.

Le Réseau pour un Québec Famille souhaite que le gouvernement provincial profite de la réforme de la Loi sur les normes du travail pour y inscrire des mesures de conciliation travail-famille adaptées aux réalités d’aujourd’hui. « Qu’il y ait des mesures qui soient mises en place, entre autres dans les entreprises, pour faciliter la prise de quelques jours de congé dans cette période-là », suggère Marie Rhéaume.

L'organisme ne remet toutefois pas en question la pertinence de cette semaine de congé. « C’est très bienvenu, cette pause-là dans le milieu de l’hiver. »

Contrer l’absentéisme

C’est Fernand Paradis qui a mis en place la relâche alors qu'il était président de la Commission scolaire catholique de Québec à la fin des années 1970. « À l’aide de statistiques rigoureuses, j’ai fait une recherche et j’ai trouvé que les absences connaissaient un sommet à la fin février et au début du mois de novembre », relate-t-il. Des absences remarquées tant chez les élèves que chez les enseignants.

Lors d’un séjour en France, il a découvert l’existence des « vacances printanières ». À son retour à Québec, il a soumis l’idée au Conseil des commissaires, qui l’a acceptée. Quelques années plus tard, la relâche a été instaurée partout au Québec.

Encore aujourd’hui, l'instigateur de la relâche estime que cette pause est nécessaire.

Pour moi, la question à se poser est : " Est-ce que les enfants en profitent, est-ce que ça donne un regain d’énergie?" - Fernand Paradis, instigateur de la relâche scolaire

M. Paradis croit qu’il est possible d’en profiter même si on a une banque de congés et des moyens modestes. « Je connais beaucoup de foyers où les mères s’échangent les services de gardiennage », souligne-t-il.

Fernand Paradis n’ose pas prendre position dans le débat sur l’instauration d’une deuxième relâche, à l’automne, comme le souhaite la Commission scolaire des Navigateurs. « Avant de poser le geste, faisons des consultations auprès des enseignants, auprès des parents, des directeurs d’école, consultons des spécialistes au sujet des enfants en difficulté », suggère-t-il.

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