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07/03/2017 06:57 EST | Actualisé 08/03/2018 00:12 EST

"Pas d'Europe à deux vitesses" excluant certains pays, souligne Paris

Le ministre français de l'Economie et des Finances Michel Sapin a assuré mardi qu'il n'y aurait pas d'"Europe à deux vitesses" excluant certains Etats membres, s'employant à apaiser les inquiétudes de certains pays sur le projet d'une UE à la carte.

"Il ne s'agit surtout pas d'une Europe à deux vitesses où il y aurait des grands pays avançant vite et des +petits pays+ qui avanceraient moins vite. Il ne s'agit surtout pas d'exclure", a-t-il déclaré devant la presse lors d'une visite à Lisbonne.

Le ministre s'exprimait au lendemain d'un mini-sommet près de Paris réunissant les dirigeants français, allemand, espagnol et italien, qui ont plaidé pour une Europe à plusieurs vitesses qui permettrait à certains Etats membres de l'UE de progresser plus rapidement que d'autres.

"Tous les pays qui voudront faire partie de cette pointe avancée de l'Europe le pourront. Et le Portugal fera partie, j'en ai la conviction, des pays au premier rang de ces pays européens qui peuvent faire face aux défis d'aujourd'hui", a fait valoir Michel Sapin.

"Le Portugal sera toujours dans le premier cercle des pays européens. Ce n'est pas une histoire de taille, ce n'est pas une histoire de date d'adhésion à l'Union européenne, c'est une histoire de volonté, d'engagement", a-t-il souligné.

"Il faut que tous les pays qui sont volontaires, déterminés à avancer plus vite puissent le faire ensemble", a résumé le ministre, avant d'ajouter que "ni la France, ni le Portugal n'ont véritablement un avenir en dehors de l'Europe".

Son homologue portugais Mario Centeno s'était montré auparavant sceptique sur ce projet censé tirer l'Union européenne de l'ornière après le choc du Brexit et la crise des réfugiés.

"Nous ne croyons pas en une Europe à deux vitesses. Nous croyons en une Europe construite à une bonne vitesse et où certains pays peuvent travailler en commun de manière plus proche dans certains domaines", a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien avec le ministre français.

Le projet d'une Europe à géométrie variable figure parmi les cinq scénarios de réformes esquissés début mars par le président de la Commission Jean-Claude Juncker pour relancer le projet européen, les autres allant du simple marché unique à une intégration renforcée.

Un tel scénario "ne peut s'accompagner ni d'un désinvestissement en matière de politique sociale, ni d'une fracture dans la zone euro, et ne devrait pas reléguer des Etats à des positions périphériques", a mis en garde le Premier ministre portugais Antonio Costa.

Devant un parterre de chefs d'entreprises réunis à l'occasion de la 5e conférence économique franco-portugaise, il a toutefois reconnu qu'"il pourrait être préférable que seuls certains pays avancent" pour éviter que "tous restent paralysés".

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