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07/03/2017 06:59 EST | Actualisé 08/03/2018 00:12 EST

La dissidente turque Pinar Selek dénonce la reprise des poursuites en Turquie

La dissidente et féministe turque, réfugiée en France, Pinar Selek a dénoncé mardi la reprise en janvier en Turquie des poursuites la visant après 19 ans d'une procédure devenue "une torture".

"C'est assez dur pour moi, c'est comme une torture chinoise, parce que ça dure depuis 19 ans", a déclaré la sociologue lors de la première réunion d'un nouveau comité de soutien à Nice (sud-est). Sur le site internet consacré à sa défense, elle évoque un procès "infâme" et "kafkaïen".

Les démêlés de Pinar Selek avec la justice turque remontent à 1998, avant l'arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan. A l'époque jeune chercheuse, elle est accusée d'être impliquée dans une explosion ayant fait sept mort sur la base des aveux d'un jeune témoin qui s'est ensuite rétracté.

Selon Mme Selek, qui a été emprisonnée deux ans et demi et dit avoir été torturée, le dossier a été monté de toutes pièces pour la punir de son refus de divulguer les noms de militants kurdes interrogés pour une recherche universitaire sur le mouvement du PKK et de son refus de renoncer à publier son enquête.

En 2014, Pinar Selek a été acquittée pour la quatrième fois, mais le parquet a fait appel. Le 25 janvier 2017, le procureur de la Cour de Cassation de Turquie a relancé les poursuites et demandé sa condamnation à perpétuité.

"On ne sait pas quand la décision sera prise. Je suis réfugiée politique et en principe, ce statut me protège mais la visibilité internationale de ce procès peut nous aider, c'est une lutte pour la justice", a exposé Mme Selek, qui enseigne depuis septembre la science politique à l'université à Nice (sud-est).

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