POLITIQUE
07/03/2017 03:16 EST | Actualisé 07/03/2017 03:35 EST

Féminisme du gouvernement Trudeau: plus de paroles que d'actions, déplore Oxfam

Même s'il est dirigé par un premier ministre féministe, le gouvernement libéral n'est pas encore passé de la parole aux actes quand il est question d'égalité des sexes, selon un nouveau rapport d'Oxfam Canada.

À l'aube de la Journée internationale des femmes, Oxfam a publié un «bulletin féministe» répertoriant les actions prises par le gouvernement libéral et identifiant les gestes qu'il devrait poser en matière de parité hommes-femmes. L'organisation compte rééditer l'exercice chaque année.

«Le premier ministre Trudeau a envoyé un message fort en 2015 en nommant le premier cabinet paritaire de l'histoire du Canada et en donnant des postes clés à des femmes», lit-on dans le rapport.

«Le statut des femmes demeure toujours grandement sous-financé et le budget d'aide internationale du Canada n'a pratiquement jamais été aussi bas, même à une période où le gouvernement tente de démontrer son leadership sur la question des droits des femmes. Le gouvernement n'a pris aucune mesure tangible pour réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes ou pour assurer un salaire suffisant aux travailleurs précaires, la plupart desquels sont des femmes.»

Le rapport d'Oxfam s'est penché sur les politiques et investissements du gouvernement libéral dans huit catégories:

1. La représentation et le leadership féminins

2. Les investissements dans les soins aux enfants et aux aînés

3. La mise en place d'un système d'imposition progressiste

4. Les efforts pour faire cesser la violence envers les femmes et les filles

5. Le leadership à l'échelle international sur la condition féminine

6. La réponse aux crises humanitaires

7. La lutte contre les changements climatiques

8. Le travail des femmes et l'équité salariale

Le Canada a obtenu la note de passage en ce qui a trait à la représentation et au leadership, mais le rapport a déploré le manque de progrès dans six autres catégories, dont les soins aux enfants (en raison du manque de services de garde abordables) et la lutte contre la violence faite aux femmes.

La pire note du gouvernement Trudeau a été attribuée pour ses politiques touchant au travail des femmes et à l'équité salariale. Le rapport d'Oxfam note qu'alors que le Parti libéral a fait campagne avec la promesse d'améliorer la situation économique des femmes, le gouvernement a mis en place très peu de mesures concrètes en ce sens.

Consultez le rapport complet ici.

Des gestes contestés

En février, Justin Trudeau a rencontré le président américain Donald Trump pour annoncer une initiative conjointe visant à soutenir les femmes entrepreneures. Le partenariat lui a valu de nombreuses attaques de la part du Nouveau Parti démocratique, qui lui a reproché de ne pas critiquer ouvertement un homme qui s'est vanté de pouvoir «attraper les femmes par la chatte» parce qu'il est célèbre.

«Comment le premier ministre a-t-il pu accepter de s'asseoir avec le président Trump pour discuter de la place des femmes sur le marché du travail sans d'abord dénoncer ses commentaires misogynes?» avait alors demandé Sheila Malcolmson, la critique du NPD en matière de condition féminine.

Assez de femmes en politique?

Le premier ministre Justin Trudeau lors de la présentation de son cabinet paritaire, le 4 novembre 2015.

La sortie du rapport d'Oxfam coïncidait avec la publication d'un sondage sur l'opinion des Canadiens sur la place des femmes en politique.

Le coup de sonde de la firme Abacus Data pour le compte du groupe Equal Voice a révélé que 58% des Canadiens pensent qu'il y a «trop» ou «suffisamment» de femmes en politique. Pourtant, ils estiment en moyenne qu'elles n'occupent que 31% des sièges à la Chambre des communes.

Quatre pour cent des répondants estiment que les femmes sont surreprésentées, alors que 54 pour cent considèrent qu'il y a assez de femmes au Parlement.

«Puisqu'il n'y a en fait que 28 pour cent de femmes au Parlement, il reste encore clairement du travail à faire pour éduquer les Canadiens sur la question», a affirmé Nancy Peckford, directrice exécutive d'Equal Voice, par voie de communiqué.

Le sondage a été mené en ligne auprès de 2125 Canadiens. La marge d'erreur était de plus ou moins 2,2 pour cent, 19 fois sur 20.

Avec des informations de La Presse canadienne.

Ce texte initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais.

Voir aussi:

Galerie photo Le premier cabinet de Justin Trudeau Voyez les images